Au Québec, la littérature francophone se prend à douter d'elle-même

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Fruit de quelques générations seulement, la littérature québécoise reste une utopie fragile. Incursion avec pour guides discrets Denise Desautels et Paul Bélanger en ce pays d'Amérique où, de haute lutte, l'on se souvient désormais noir sur blanc. 

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À bien écouter Paul Bélanger, on se persuaderait presque que le premier geste constitutif d'une littérature authentiquement québécoise fut de dénégation, envers elle-même. Le poète et éditeur du Noroît se plaît en effet à raconter comment le subtil poète Saint-Denys-Garneau (1912-43), porté à l'édification d'une langue vernaculaire pour tout un peuple, subit comme un traumatisme l'indifférence de ses contemporains au point de retirer tous ses livres des rayons des librairies ! Peu après, le même sentiment de fuite l'étreignit à peine un pied posé en France.