«Madame Hyde»: le coup de foudre de Serge Bozon

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Sous couvert de transposer en banlieue L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde, Serge Bozon offre une fable sur l’éducation, avec une Isabelle Huppert en professeure de sciences physiques transfigurée. Un beau film, à la fois direct et tordu, le meilleur de son auteur.

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Les éditions Actes Sud ont publié en 1997, sous le titre L’Étrange Affaire du Dr Jekyll et de Mr Hyde, une nouvelle traduction de The Strange Case of Dr Jekyll and Mr Hyde. Les traducteurs expliquent en préambule que l’esprit de l’œuvre a, jusque-là, prévalu sur sa lettre. Un aspect essentiel du style de Robert Louis Stevenson a dès lors été négligé, selon eux : « l’irrégularité de l’idiome stevensonien ». Guillaume Pigeard de Gurbert et Richard Scholar mentionnent « la réintroduction d’archaïsmes », « l’emploi de mots dans un contexte inattendu », « la déformation de locutions toutes faites », voire certaines « tournures disloquées ». Et ils invoquent deux illustres admirateurs du texte, Arthur Conan Doyle, que frappa l’apparition chez Stevenson de « quelque expression étrange, efficace, une nouvelle conception vive », et Henry James, qui nota qu’« avant toutes choses il est un écrivain avec style. Il a une façon curieuse de s’exprimer ».