Alessandro Piperno: «La littérature, c'est comme la masturbation»

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Lorsque Alessandro Piperno (photo) interroge la place du fait divers dans la machine sociale et judiciaire de l'Italie, il écrit Persécution: c'est une fable universelle qui rencontre l'actualité, et l'un des plus beaux romans étrangers de cette rentrée littéraire. Entretien et premières pages à lire en PDF.

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«C’est le 13 juillet 1986 qu’un désir inconfortable de n’être jamais venu au monde s’empara de Leo Pontecorvo.» Le brillant professeur de médecine, père de famille respectable, issu de la haute bourgeoisie juive romaine, se retrouve au cœur d’un sordide fait divers, en une des journaux papier comme télévisés: Camilla, la petite amie de son fils, l’accuse d’avoir eu avec elle une «correspondance dépravée», de l’avoir «baisée». «Quand je dis "petite copine", je parle d’un oisillon de douze ans et demi aux cheveux couleur citrouille et au museau de fouine parsemé de taches de rousseur; mais quand je dis "baiser" je parle bien de baiser