Longtemps, Alain Mabanckou a menti. S’est menti. Une longue omission, et une rémission, aussi… Tandis que ses livres collectionnaient les récompenses – prix Henri Gal de l’Académie française, Renaudot, entre autres – suivis par un public fidèle et grandissant, qu’il construisait un univers romanesque issu du terreau de Pointe-Noire, Congo-Brazzaville, ville portuaire et surtout lieu de l’enfance, qu’il s’en allait enseigner la littérature francophone à Chicago puis Los Angeles, un silencieux déni se perpétuait. À la ville comme en écriture : « J’ai laissé croire que ma mère était encore en vie. Je m’évertue désormais à rétablir la vérité dans l’espoir de me départir de ce mensonge qui ne m’aura permis jusqu’alors que d’atermoyer le deuil. »