Un artiste sans œuvre: «Klingsor», de Torgny Lindgren

Par Maurice Mourier (En attendant Nadeau)

Klingsor est un personnage de magicien dans la légende arthurienne germanique, mais dans le dernier roman du Suédois Torgny Lindgren, disparu en 2017, c’est le nom d’un héros qui s’agite lamentablement pour faire jaillir la magie de l’art.

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On ne sait pas assez que les Suédois sont des rigolos. Ou plutôt on ne s’en souvient plus. Et pourtant Hellzapoppin, un film burlesque d’une parfaite loufoquerie, tourné en 1941 par le tâcheron américain H. C. Potter et qui fit une belle carrière en France quand Hollywood put à nouveau ouvrir son sac à malices après 1945, est l’adaptation d’une pièce conçue, écrite et jouée à Broadway par le magistral pitre suédois Ole Olsen et sa fine équipe. De cette veine typiquement nonsense, qui pousse au maximum l’absurdité des situations dans lesquelles s’enlisent des personnages d’une grotesque solennité, Klingsor, dernier roman de Torgny Lindgren, offre un exemple d’une rare qualité.