Impatiences anarchistes

Par Ulysse Baratin (En Attendant Nadeau)

Entre Ménilmontant et la Seine-Saint-Denis, former des communautés, remettre en cause les rapports de genre, suivre un régime végétarien strict et enfin, échapper à l’État comme au salariat. En 2019 ? Non, au début du XXe siècle, au sein de groupes de femmes et d’hommes anarchistes, lassés d’attendre le Grand Soir et auxquels le livre d’Anne Steiner, Les En-dehors, donne corps et visages.

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Intensification du capitalisme, colonialisme à outrance et IIIe République libérale soucieuse du maintien de l’ordre… la « Belle Époque » méritait mal son épithète. Les ambiguïtés de ce tournant de siècle sont connues. De même que l’essor symétrique des mouvements socialiste et anarcho-syndicaliste, dont ce fut l’âge d’or. Derrière, la Commune. Devant, Verdun. Entre les deux, un mouvement ouvrier que ne défigurait pas encore l’autoritarisme soviétique. Les En-dehors nous plonge dans les années 1900-1913 et fait revivre le climat si singulier des faubourgs nord de Paris, sa misère et son bouillonnement politique, aujourd’hui assez exotique.