Didion, Goldman, Oates... la mort leur va si bien

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Trois écrivains américains délaissent la fiction pour des récits de deuil: Joyce Carol Oates réussit à rester en vie après la mort de son mari, Ray Smith, éditeur. Francisco Goldman élève un tombeau littéraire à sa jeune épouse, Aura Estrada (Dire son nom, qui vient de recevoir le prix Femina étranger 2011). Enfin L'Année de la pensée magique (National Book Award), qu'écrivit Joan Didion en 2005 reparaît, traduit et adapté pour le théâtre.

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«Ce n'est pas simplement la mort – c'est toujours la mort de quelqu'un» (Serge Leclaire, en épigraphe à Dire son nom): trois textes du deuil, trois écrivains américains ayant perdu leur conjoint. Des morts absurdes, banales dans leur atrocité: une crise cardiaque foudroyante pour John Gregory Dunne, le mari de Joan Didion, un accident de bodysurf pour Aura, la femme de Francisco Goldman, une infection nosocomiale pour Raymond Smith, entré à l'hôpital pour une pneumonie. Quelques secondes et l'on bascule dans ce que Oates appelle son «état posthume». «Le premier jour du reste de sa vie» (Didion).