Okinawa, otage d’une guerre en suspens

Mediapart s'est rendu à Okinawa, l'île japonaise qui abrite les trois quarts des infrastructures militaires des Etats-Unis dans le pays, et la majorité des 50 000 soldats américains. A la veille d'élections législatives grâce auxquelles le premier ministre Shinzo Abe compte asseoir son pouvoir en instrumentalisant la crise nord-coréenne, les habitants d'Okinawa se mobilisent contre une nouvelle base aérienne, et redoutent les effets d'une loi liberticide adoptée en juin.

Les secousses de la crise nord-coréenne font trembler Okinawa

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Les habitants de l’île japonaise luttent d’arrache-pied contre la construction d’une nouvelle base militaire américaine sur la commune d’Henoko. Leur peur : devenir une cible dans le conflit États-Unis/Corée du Nord, instrumentalisé dans la campagne du premier ministre japonais pour sa réélection mais qui ne les concerne pas. 

Le premier ministre japonais place Pyongyang au cœur de sa campagne électorale

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Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, en campagne le 10 octobre 2017. © Reuters Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, en campagne le 10 octobre 2017. © Reuters

Shinzo Abe a convoqué des élections anticipées le 22 octobre, profitant d’un regain de popularité, notamment lié à ses prises de position très fermes sur la Corée du Nord. Ses opposants l’accusent d’exagérer et d’instrumentaliser la menace nord-coréenne.

Au Japon, une loi pour «punir jusqu’aux pensées des gens»

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À Okinawa, ceux qui s'opposent à la nouvelle base militaire américaine redoutent d'être visés par la loi "anti-conspiration" © F. O. À Okinawa, ceux qui s'opposent à la nouvelle base militaire américaine redoutent d'être visés par la loi "anti-conspiration" © F. O.

Une loi « anti-conspiration », récemment votée par le Parlement japonais, permettra de punir des crimes qui n’ont pas encore été commis. Sur l’île d’Okinawa, les opposants à la construction d’une base militaire américaine assurent être la cible de cette législation, qui facilitera les détentions arbitraires.