A Toul, les ouvriers de Kleber sont prêts «à tenir un siège»

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Les pneus en flammes n'ont pas fini d'assombrir le ciel et les regards des ouvriers de l'usine. Samedi 16 février, après un refus de négocier opposé par la direction du groupe Michelin, les salariés sont déterminés à poursuivre l'occupation de l'usine de Toul et n'entendaient pas mettre fin à la séquestration de deux cadres. Reportage.

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Depuis jeudi, l'épreuve de force est engagée entre la direction de Michelin et les 826 ouvriers de l'usine de pneus Kleber vouée à la fermeture définitive en 2009. La grève a démarré mercredi mais la tension est montée d'un cran lorsque deux cadres de l'entreprise ont été séquestrés le lendemain. «Ils faisaient mine de ne pas écouter. On avait l'impression de parler à un mur alors on leur a dit de rester», raconte un gréviste, affecté dans l'unité de vulcanisation.

Martyrs ou lampistes, Marcel Lalitte, directeur des affaires sociales, et Jean-Gabriel Pontier, directeur des ressources humaines, ont attiré l'attention des médias. Depuis trois jours, ils vivent au premier étage d'un bâtiment de l'usine, dans une salle de réunion exigue gardée par les salariés qui se relaient. «Ils sont très bien traités: ils ont à manger, accès à Internet et leurs épouses peuvent leur amener des sacs qu'on ne fouillera pas», explique Pierre Kovalsky, délégué CGT. «On ne les empêche pas d'aller au toilettes, de se changer mais ils ne veulent pas nous croiser dans le couloir alors ils font leurs besoins dans un seau», s'amuse Nadine Ojam, préparatrice. Samedi après-midi, les «otages» ont tout de même obtenu une poste de télévision.