La BCE ou le paradigme perdu

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Mario Draghi a-t-il encore la main ? se demandent les milieux financiers, déçus par les mesures annoncées le 3 décembre par la BCE. Plus que des dissensions internes, la position de la Banque centrale européenne reflète la crainte des mouvements incontrôlables d’une finance totalement interconnectée. Les banquiers centraux ont engendré un monstre qu’ils redoutent de ne plus pouvoir maîtriser.

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Pour la première fois depuis le début de son mandat en 2012, « super Mario » a déçu le monde financier. Le président de la Banque centrale européenne n’a pas répondu aux attentes des financiers. Tous jugent les nouvelles mesures annoncées par la BCE, jeudi 3 décembre, « décevantes », « insuffisantes ». La sanction a été immédiate : le jour même, l’euro a gagné plus de trois centimes face au dollar, le plus fort changement dans une journée depuis 2009. La chute combinée des actions, des obligations, du dollar ce jour-là a été la plus sévère depuis 1999, selon les observateurs financiers.