TRANSITION ÉNERGÉTIQUE Entretien

Joan Martinez Alier: «La croissance verte est une utopie»

La croissance peut-elle être écologique ? C’est la vision que défend Ségolène Royal avec sa loi de transition énergétique et sur la croissance verte que les députés ont fini de voter au petit matin, samedi 11 octobre. Mais pour Joan Martinez Alier, penseur de l’économie écologique et de la justice environnementale, c’est un leurre. C’est un tout autre système qu’il faut inventer. Entretien.

Jade Lindgaard

11 octobre 2014 à 10h36

La lecture des articles est réservée aux abonné·e·s. Se connecter

En 1990, deux ans avant le Sommet de la terre organisé par l’Onu à Rio, paraît un livre dont le titre sonne comme une charge contre l’approche institutionnelle de ce que l’on commence alors à appeler le développement durable : L’Économie écologique. C’est une critique de l’économie et de son incapacité à rendre compte des enjeux environnementaux. Son auteur, Joan Martinez Alier, un universitaire de Barcelone, défend l’idée de l’« incommensurabilité des valeurs » : tout ne se mesure pas en argent et en monnaie. Certaines choses comptent au-delà des profits qu’elles rapportent. En 2002, sort L’Écologisme des pauvres, qui poursuit cette analyse et rend hommage aux mouvements sociaux contre la pollution et l’exploitation outrancière de la nature dans les pays pauvres.
Vingt ans plus tard, ces deux ouvrages sont devenus des classiques, et ont contribué à l’essor de l’économie écologique, creuset de penseurs dissidents du néolibéralisme et du keynésianisme, et pour les mouvements de justice environnementale. L’Écologisme des pauvres sort aujourd’hui en français, dans une version actualisée, notamment pour prendre en compte la crise financière de 2008.
Joan Martinez Alier coordonne aussi un projet international de recherche et d’activisme : « ejolt », dont l’acronyme signifie en anglais « organisations de justice environnementale, de responsabilités et de commerce », qui veut recenser, étudier et cartographier les conflits environnementaux dans le monde. Mediapart l’a interrogé alors que les députés français débattaient du projet de loi de transition énergétique et sur la croissance verte.

Abonnement mediapart

1€ pour 15 jours

Résiliable en ligne à tout moment

Je m’abonne

L’info part de là


Soutenez un journal 100% indépendant : sans subventions, sans publicités, sans actionnaires

Tirez votre information d’une source de confiance

Accédez en exclusivité aux révélations d’un journal d’investigation

Déjà abonné ?

Mot de passe oublié

Aujourd’hui sur Mediapart

International — Article
par à l’air libre
France — Article
par Lucie Delaporte
France — Reportage
par Ellen Salvi
International — Analyse
par Romaric Godin
Voir la Une du Journal

À ne pas manquer

Médias
Couvrir l’extrême droite, affronter la violence politique
Travailler et enquêter sur l’extrême droite en France, c’est s’exposer à des menaces, du cyberharcèlement, des insultes et du dénigrement. Et dans un milieu très masculiniste, être une journaliste femme est un facteur aggravant. Dénoncer ce déferlement de haine par la voie de l’interpellation ou le canal judiciaire n’a rien d’évident.
par Mathilde Goanec et David Perrotin
Gauche(s) — Analyse
Programme présidentiel de Mélenchon : ce qui change, ce qui demeure
Réactualisé à l’aune du quinquennat écoulé, « L’Avenir en commun » est débarrassé des points qui avaient le plus fait polémique en 2017, comme l’hypothèse d’une sortie de l’Union européenne. Pour le reste, la continuité domine : VIe République, planification écologique et partage des richesses.
par Fabien Escalona et Pauline Graulle
Nucléaire — Enquête
Centrale nucléaire de Tricastin : des dissimulations en cascade
Dans l’affaire du lanceur d’alerte de la centrale du Tricastin qui porte plainte contre EDF, de nouveaux éléments consultés par Mediapart révèlent que l’Autorité de sûreté du nucléaire connaissait depuis longtemps le problème. Selon un document interne, EDF a menti et l’autorité de sûreté également dans sa communication publique.
par Jade Lindgaard
Dossier. L’affaire Kohler — Enquête
La note qui relance l’affaire Kohler
La Sfil, une discrète banque publique qui assure les financements des bateaux achetés en France par le groupe MSC, s’est réjouie en 2020 de bénéficier du « soutien » du secrétaire général de l’Élysée. Ce dernier a des liens familiaux avec les Aponte, les principaux actionnaires de MSC.
par Martine Orange

Nos émissions