Contre l’évasion fiscale, l'Argentine recrute en France

Par Camille Lavoix

La lanceuse d’alerte Stéphanie Gibaud, ancienne cadre d’UBS, sera en septembre à Buenos Aires pour former les fonctionnaires de l’administration fiscale argentine. Son recrutement et celui d’Hervé Falciani font partie d’un vaste plan de lutte contre l’évasion fiscale mis en place en Argentine.

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Entre les murs de l’ambassade d’Argentine à Paris, le 17 juin 2015. Stéphanie Gibaud, ancienne cadre d’UBS France, licenciée pour avoir refusé de détruire des documents internes incriminant la banque, est reçue par des membres de l’administration fiscale argentine, l'Afip, et d'une commission de parlementaires consacrée à la lutte contre la fraude fiscale. Les Argentins veulent comprendre comment UBS attirait les clients vers la Suisse pour qu’ils y placent des fortunes non déclarées. Ils apprennent alors qu’UBS possédait un bureau argentin à Genève (et pour chaque pays d’Amérique latine) avec un réseau d’intermédiaires qui arrivaient au pays en tant que touristes et assistaient à des événements huppés pour y dénicher des clients argentins fortunés. Stéphanie Gibaud estime à environ 4 000 (comme pour HSBC) le nombre de comptes argentins ouverts par UBS à Genève.