Affaire Kerviel: la version officielle s'effondre à l'audience

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L’audience du 16 juin devant la cour d’appel de Versailles marque un tournant dans l’affaire Kerviel. Entre l’audition partielle de l’enregistrement de la parquetière dénonçant une justice « manipulée », et des témoins qui démontrent que la banque ne pouvait rien ignorer des agissements du trader, c'est toute la version officielle du dossier qui est mise en loques.

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Les juges de la cour d’appel de Versailles, qui conduisent le procès pour déterminer au civil les responsabilités entre Jérôme Kerviel et la Société générale, s’attendaient certainement à un procès compliqué, avec des coups d’éclat et le « cirque médiatique » si souvent dénoncé par les avocats de la Société générale. Mais ils n’avaient sans doute pas anticipé ce qui s’est passé à l’audience du 16 juin. Brusquement, le brouillard qui entoure ce dossier depuis plus de huit ans a commencé à se déchirer. Des témoins sont venus raconter à la barre des faits qui n’avaient jamais été entendus auparavant. Les juges eux-mêmes ont semblé mesurer une réalité qu’ils n’avaient jamais perçue dans les enquêtes judiciaires et les jugements d’appel.