Frédéric Lordon : «L'Europe est la figure même de la nullité»

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Le Conseil européen a progressé, jeudi, vers une union bancaire et François Hollande maintient que nous serions « tout près » de la sortie de crise. Entretien, en réaction, avec Frédéric Lordon, l'un des chefs de file des « économistes atterrés », sur la crise européenne : « Si une Europe veut survivre à cette crise, le saut fédéral est un impératif. Mais encore faut-il s’interroger sur sa forme, ses contenus. »

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Pour une fois, ce n'est pas un Conseil européen « de la dernière chance » qui s'est ouvert à Bruxelles, jeudi. Officiellement, l'ambiance est plus sereine qu'à l'accoutumée. Gages de la Banque centrale européenne (BCE), entrée en vigueur du Mécanisme européen de stabilité (MES) – sorte de « FMI à l'européenne » – après quelques hésitations allemandes, ratification en France, dans la douleur, du « Traité sur la stabilité, la convergence et la gouvernance » (TSCG), déblocage de la Taxe sur les transactions financières grâce au lancement (tardif) de la « coopération renforcée » : on veut croire, à Bruxelles, que la sortie de crise est pour bientôt. « Je pense que le pire est passé, mais nous n'en avons pas terminé », a prédit François Hollande, dans la nuit de jeudi à vendredi.