Un dangereux complexe libéral

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La France souffre d'un complexe libéral. Plus ouverte que beaucoup d'autres pays aux investisseurs étrangers, elle s'interdit de constituer elle-même un fonds souverain, en unissant par exemple les forces de frappe financière de la Caisse des dépôts et consignations et du Fonds de réserve des retraites. Résultat, le débat économique français fait l'impasse sur des questions importantes: en quoi la présence de l'Etat français est illégitime au capital d'un groupe comme Total, mais pas celle des monarchies du Golfe?

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Par intermittence, la France souffre d'un dangereux complexe libéral. Longtemps rétive aux mutations économiques mondiales, attachée à des règles de fonctionnement sensiblement différentes de celles du capitalisme anglo-saxon, elle s'y est pliée avec retard mais manifeste maintenant, en certaines circonstances, le zèle des nouveaux convertis : en se livrant à des outrances qui étonnent même les pays les plus libéraux, comme les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne.