Dette publique: «Les notes des agences de notation sont un épiphénomène, et relèvent du symbole»

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«La solvabilité d’un Etat dépend in fine de décisions politiques. Or les agences de notation n’ont aucun élément pour en juger», explique Alexandre Delaigue.

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Alexandre Delaigue, professeur d’économie à Saint-Cyr, explique que «les agences de notation ont un crédit très faible quand il s’agit de noter les Etats. Leur travail a du sens quand elles notent des entreprises, dont les données sont cachées, mais beaucoup moins quand elles analysent des données publiques sur les Etats qui sont connues de tous. Par ailleurs, la solvabilité d’un Etat dépend in fine de décisions politiques. Or les agences de notation n’ont aucun élément pour en juger. (...) Les variations de notes des Etats sont des épiphénomènes, qui ne font que confirmer ce que l’on sait déjà. Elles relèvent du symbole, de la communication, tout simplement parce que les gens peuvent mieux comprendre si l’on dit “la France a perdu sa meilleure note” que si l’on compare la différence entre les taux d’emprunts de la France et de l’Allemagne.»