EDF: le casse-tête d'un nucléaire moins rentable

Avec la chute du prix de l’électricité sur le marché, l’avantage compétitif du nucléaire français a fondu. Pire, EDF n’est même plus assuré de rentrer dans ses coûts. Le groupe pourrait être contraint de fermer des réacteurs pour des raisons économiques. Pourtant, son PDG, Jean-Bernard Lévy, reste dans le déni de cette impasse industrielle.

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Et soudain, tout a changé pour EDF : son électricité n’est plus la moins chère du monde. Longtemps dans les plus bas d’Europe, ses tarifs de vente étaient parmi les plus avantageux au monde par rapport au niveau de vie de la sixième puissance économique mondiale. Ce temps est révolu. Depuis fin 2014, le prix de l’électricité sur le marché de gros est inférieur à celui d’EDF. Quand l’énergéticien était tenu de vendre son électricité à 42 euros par mégawattheure (MW, soit un million de wattheures) , elle ne valait plus que 34,6 euros sur le marché spot en 2014. Fin septembre 2015, le prix de l’électricité à terme n’était que de 38,8 euros par MWh. L’année dernière, les prix à terme pour 2017 et 2018 se vendaient entre 36 et 40 euros sur le marché.
Depuis la loi NOME en 2010, EDF devait vendre sa production aux fournisseurs d’électricité à un tarif régulé supposé couvrir les coûts du nucléaire. Cet « Accès régulé au nucléaire historique » (Arenh) a été fixé par arrêté ministériel à 42 euros. Il devait garantir aux nouveaux acteurs du marché de l’énergie, ouvert à la concurrence au fur et à mesure des années 2000, le même avantage compétitif que l’opérateur historique. Tant que les prix sur le marché de gros étaient supérieurs au prix d’achat fixé par le gouvernement, EDF était assuré de vendre plusieurs dizaines de terawatt (1012 watts) heure (TWh) chaque année à ses gros clients (industriels, grande distribution…).

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