Triskalia: indemnisation historique de deux salariés victimes de pesticides

Deux anciens salariés du groupe d’agroalimentaire breton obtiennent la première reconnaissance du syndrome d’hypersensibilité aux produits chimiques par un tribunal et reçoivent plus de 100 000 euros chacun d’indemnités.

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C’est le couronnement d’une procédure judiciaire pionnière dans la reconnaissance des maladies professionnelles et des souffrances liées aux pesticides. Le tribunal des affaires de sécurité sociale de Saint-Brieuc a accordé plus de 100 000 euros d’indemnités à deux anciens salariés du groupe d’agroalimentaire Nutréa-Triskalia. Laurent Guillou et Stéphane Rouxel, employés jusqu’en 2011 à la réception des matières premières pour NNA, la filiale nutrition animale de Triskalia, ont été chacun victimes de deux accidents du travail ayant entraîné de graves problèmes physiques et psychologiques.
En 2014, ils sont les premiers salariés du monde agricole, non paysans, à faire reconnaître la faute inexcusable de leur employeur dans l’exposition aux pesticides. Le 22 septembre 2016, ils obtiennent la première reconnaissance du syndrome d’hypersensibilité multiple aux produits chimiques (MCS) par un tribunal. « Cette décision est une nouvelle victoire pour Stéphane et Laurent qui mènent maintenant depuis près de sept ans un combat sans relâche pour faire reconnaître leur maladie, exiger réparation et dénoncer le scandale sanitaire et environnemental que représente aujourd’hui l’utilisation massive et irresponsable des pesticides dans l’industrie agroalimentaire », se réjouit dans un communiqué le syndicat Solidaires, qui soutient les deux hommes. Ces deux décisions de justice braquent la lumière sur le sort des travailleurs de la conservation et de la transformation des produits agroalimentaires, victimes souvent oubliées de l’exposition aux substances chimiques.

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