Le « Nobel » Krugman, les Européens et l'accord grec

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Les dirigeants de l'Union européenne ont répondu ces derniers jours aux critiques musclées du « Nobel » d'économie Paul Krugman sur la Grèce et le fonctionnement de l'Union. À l'encontre des débats intellectuels « spectaculaires », ils prônent le « pragmatisme ». L'argument en dit long sur la prise de décision à Bruxelles, allergique à toute expertise critique, de plus en plus coupée du monde universitaire.

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Depuis les États-Unis, Paul Krugman s'est passionné pour le feuilleton bruxellois des négociations avec Athènes et l'accord controversé du 13 juillet. Sur son blog et dans les pages du New York Times, il est devenu l'une des voix les plus critiques du fonctionnement de la zone euro. L'Américain, qui s'est vu décerner en 2008 l'équivalent du prix Nobel de l'Économie, a fait campagne, fin juin, pour le « non » au référendum grec. Il a même exhorté les Grecs à se préparer à sortir de l'euro, au cas où.

Alors que les discussions entre chefs d'État et de gouvernement s'éternisaient le 12 juillet dans la capitale belge, Krugman jugeait que l'accord qui se dessinait allait « tuer la zone euro ». « La liste des exigences de l'Eurogroupe est une folie. Le mot-clé sur Twitter ThisisACoup [c'est un coup d'État – ndlr] est très exact. On est au-delà de la dureté, dans le pur esprit de vengeance, dans la destruction totale de la souveraineté nationale, dans l'absence de tout espoir de soulagement », écrivait-il alors (extrait ci-dessous).