Thales: l'armée conteste la stratégie du groupe de défense

Par
Le « complot médiatique » contre Thales dénoncé par son actionnaire Dassault s'étend-il ? Après les salariés, les grands clients du groupe de défense, la délégation générale de l'armement et différents états-majors dénoncent la stratégie menée depuis deux ans.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Luc Vigneron est un homme heureux. Le président de Thales est rassuré sur son sort : son poste n'est plus menacé. Il y a deux mois, une réunion au sommet s'est tenue, un dimanche soir, à l'Elysée, entre Nicolas Sarkozy, Charles Edelstenne, PDG de Dassault Aviation, Xavier Musca, secrétaire général de l'Elysée et Cécile Fontaine, conseillère pour la défense à l'Elysée. Son objet ? Faire le point sur la conduite de Thales, détenu à quasi-parité entre l'Etat (27%) et Dassault (26%) depuis le grand marchandage de 2009. Inquiet de la situation du groupe sous la conduite de Luc Vigneron, l'Etat militait pour un changement de président. Charles Edelstenne s'y est opposé avec la dernière vigueur. Même s'il y reconnaît que Luc Vigneron n'est pas l'homme de la situation chez Thales, il a refusé tout changement. Pour lui, Luc Vigneron est victime d'un « complot médiatique » auquel il n'est pas question de céder. L'Etat a beau assurer les fins de mois du groupe Dassault depuis plus de cinquante ans, il s'est incliné devant les arguments du « grand industriel français ». Luc Vigneron a donc été maintenu.