Paris, 13 novembre 2015

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Parmi les différents textes cherchant à analyser à chaud la période post-attentats, le texte initié par la revue en ligne Ballast se distingue par la précision de son écriture et de son analyse politique.

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Alger, un jour de mai 1993.
Il est neuf heures du matin. Tahar vient de quitter son domicile, situé dans la banlieue ouest de la capitale. Il monte dans sa voiture, garée au pied de l'immeuble. Tahar est écrivain ; Tahar est poète ; Tahar est journaliste. Il porte des lunettes à monture épaisse et une moustache qui ne l'est pas moins. Il a trente-neuf ans et le dernier numéro de sa revue, Ruptures, vient tout juste de paraître. Un homme s'approche de son véhicule ; il abaisse la vitre. Un canon de revolver. Deux coups de feu. Son corps, un projectile enfoncé dans la tête, est jeté au sol. Il ne se réveillera jamais de son coma et décèdera quelques jours plus tard. Le Front islamique du salut revendiquera son assassinat.