Cahuzac mis en examen, «dévasté de remords»

L'ancien ministre du budget a pris rendez-vous ce mardi avec les juges d'instruction en charge de l'enquête sur son compte suisse pour passer aux aveux.

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L'ancien ministre du budget a pris rendez-vous ce mardi 2 avril avec les juges d'instruction en charge de l'enquête sur son compte suisse pour passer aux aveux. À l'issue de son audition, il a été mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale, a annoncé son nouvel avocat.

Devant les juges, le ministre a semble-t-il avoué avoir possédé un compte suisse depuis une vingtaine d'années, compte qui a bien été transféré à Singapour en 2010, comme nous l'affirmons depuis notre première enquête, publiée le 4 décembre 2012.

L'ancien ministre a par ailleurs publié sur son blog un communiqué, dans lequel il se dit « dévasté par le remords ».

Le texte de son communiqué : 

Par lettre du 26 mars 2013, j'ai demandé à Messieurs les juges d'instruction Roger Le Loire et Renaud Van Ruymbeke de bien vouloir me recevoir afin que, délivré des obligations de ma fonction, je puisse enfin donner les explications qui s'imposent au regard de la détention à l'étranger d'un compte bancaire dont je suis le bénéficiaire depuis une vingtaine d'années.

J'ai rencontré les deux juges aujourd'hui. Je leur ai confirmé l'existence de ce compte et je les ai informés de ce que j'avais d'ores et déjà donné les instructions nécessaires pour que l'intégralité des actifs déposés sur ce compte, qui n'a pas été abondé depuis une douzaine d'années, soit environ 600.000 €, soient rapatriés sur mon compte bancaire à Paris.

A Monsieur le Président de la République, au Premier Ministre, à mes anciens collègues du gouvernement, je demande pardon du dommage que je leur ai causé. A mes collègues parlementaires, à mes électeurs, aux Françaises et aux Français j'exprime mes sincères et plus profonds regrets. Je pense aussi à mes collaborateurs, à mes amis et à ma famille que j'ai tant déçus.

J'ai mené une lutte intérieure taraudante pour tenter de résoudre le conflit entre le devoir de vérité auquel j'ai manqué et le souci de remplir les missions qui m'ont été confiées et notamment la dernière que je n'ai pu mener à bien.

J'ai été pris dans une spirale du mensonge et m'y suis fourvoyé. Je suis dévasté par le remords.

Penser que je pourrais éviter d'affronter un passé que je voulais considérer comme révolu était une faute inqualifiable.

J'affronterai désormais cette réalité en toute transparence.

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