«Salles de shoot» : le retard français face au voisin allemand

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L'Assemblée nationale devait adopter ce vendredi 3 avril l'expérimentation des salles de consommation de drogues à moindre risque en France. Un dispositif de réduction des risques qui existe ailleurs en Europe depuis des années. Et qui marche, loin des fantasmes parfois véhiculés. Reportage à Berlin.

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De notre envoyé spécial à Berlin.- Comme à la maison. Il y a des snacks, des petits gâteaux et du café pas chers, du thé gratuit, une table au centre de la pièce pour discuter ou lire les journaux, un ordinateur pour consulter ses mails ou son compte Facebook. Vers midi, à l’ouverture, une dizaine d’hommes de tous âges déboulent dans le petit local. Les habitués lancent des « Guten Tag ! » retentissants. Certains prennent le temps de discuter du temps, de la vie, de tout et de rien. D’autres ouvrent illico leur sac, en sortent des seringues usagées, qu’ils échangent contre du matériel stérile. D’autres encore filent directement vers les deux salles du fond. Dans la première, la salle d’injection, ils peuvent se faire un « shoot » en intraveineuse, sous supervision médicale. Dans la seconde, ils peuvent fumer leur dose d’héroïne ou de cocaïne.