France

MGF Logistique : sortie de conflit « écœurante » pour les salariés

MGF, fin. Samedi, les salariés grévistes de MGF logistique à Orchies (Nord) ont suspendu les grèves de la faim et l'occupation de leur dépôt. Avec 11 personnes sur 48 reprises et une prime de 6 200 euros, l'accord trouvé avec la direction laisse aux salariés le sentiment qu'ils ont été sacrifiés.

Simon Castel

6 août 2012 à 18h14

La lecture des articles est réservée aux abonné·e·s. Se connecter

Samedi 4 août, à 28 voix contre 7, les salariés grévistes de MGF Logistique à Orchies (Nord), lassés par la grève, ont suspendu leurs actions après avoir trouvé un accord a minima avec l'actionnaire G7. Avec 11 personnes sur 48 reprises par le plus gros client de MGF, Tetrosyl, et une prime extra-légale de 6 200 euros, l'accord trouvé avec la direction laisse un goût amer aux salariés qui occupaient leur dépôt depuis 12 jours pour réclamer « au moins 15 000 euros » de prime extra-légale de licenciement et des reclassements.
La combativité des jours d'occupation laisse place à « l'écœurement et au dégoût », selon les mots de Sébastien Béhague, délégué syndical CGT du site. Après avoir, dans un premier temps, menacé d'incendier des produits toxiques et, après que 4 salariés ont entamé une grève de la faim, les employés ont décidé de lever la grève. Placé en liquidation judiciaire le 23 juillet 2012, le sort de MGF Orchies était tranché la veille, lors d'une réunion à la direction départementale du travail de Lille où le plus gros client de MGF Logistique Orchies, le fournisseur de produits d'entretiens auto/moto Tetrosyl, s'est engagé à reprendre 11 salariés sur les 48 que comptait l'entreprise. Le protocole d'accord a été signé dans la foulée par le délégué syndical.
« Mais on fait quoi des 37 autres ? On s'est contenté de sauver 11 personnes. Aujourd'hui, qu'est-ce qu'on fait ? Nous sommes déboussolés », affirme Corinne Douay, membre suppléante du CE, qui a participé à la réunion de vendredi. Pour elle comme pour certains autres salariés, la pilule a du mal à passer. « Dans l'action, le protocole a été signé trop vite par le délégué syndical », déplore-t-elle. « J'ai signé sur conseil de notre avocat pour éviter qu'ils ne modifient entre temps l'accord, se défend Sébastien Béhague, selon qui les troupes étaient fatiguées. Des collègues ne venaient plus sur le piquet de grève, d'autres s'enfermaient dans les toilettes pour pleurer. C'était soit on ne savait pas où on allait, soit on limitait la casse. »

Abonnement mediapart

1€ pour 15 jours

Résiliable en ligne à tout moment

Je m’abonne

L’info part de là


Soutenez un journal 100% indépendant : sans subventions, sans publicités, sans actionnaires

Tirez votre information d’une source de confiance

Accédez en exclusivité aux révélations d’un journal d’investigation

Déjà abonné ?

Mot de passe oublié

Aujourd’hui sur Mediapart

Migrations — Enquête
par Sarah Brethes (avec Sheerazad Chekaik-Chaila)
À l’air libre
par à l’air libre
Voir la Une du Journal

À ne pas manquer

Médias
Couvrir l’extrême droite, affronter la violence politique
Travailler et enquêter sur l’extrême droite en France, c’est s’exposer à des menaces, du cyberharcèlement, des insultes et du dénigrement. Et dans un milieu très masculiniste, être une journaliste femme est un facteur aggravant. Dénoncer ce déferlement de haine par la voie de l’interpellation ou le canal judiciaire n’a rien d’évident.
par Mathilde Goanec et David Perrotin
Gauche(s) — Analyse
Programme présidentiel de Mélenchon : ce qui change, ce qui demeure
Réactualisé à l’aune du quinquennat écoulé, « L’Avenir en commun » est débarrassé des points qui avaient le plus fait polémique en 2017, comme l’hypothèse d’une sortie de l’Union européenne. Pour le reste, la continuité domine : VIe République, planification écologique et partage des richesses.
par Fabien Escalona et Pauline Graulle
Nucléaire — Enquête
Centrale nucléaire de Tricastin : des dissimulations en cascade
Dans l’affaire du lanceur d’alerte de la centrale du Tricastin qui porte plainte contre EDF, de nouveaux éléments consultés par Mediapart révèlent que l’Autorité de sûreté du nucléaire connaissait depuis longtemps le problème. Selon un document interne, EDF a menti et l’autorité de sûreté également dans sa communication publique.
par Jade Lindgaard
Dossier. L’affaire Kohler — Enquête
La note qui relance l’affaire Kohler
La Sfil, une discrète banque publique qui assure les financements des bateaux achetés en France par le groupe MSC, s’est réjouie en 2020 de bénéficier du « soutien » du secrétaire général de l’Élysée. Ce dernier a des liens familiaux avec les Aponte, les principaux actionnaires de MSC.
par Martine Orange

Nos émissions

À l'air libre
par à l’air libre
À l'air libre
par à l’air libre
Grand entretien
par Justine Brabant
Ouvrez l’Élysée
par Usul et Ostpolitik