Procès France Télécom : une condamnation pour l’exemple ?

Le 30 septembre, les anciens dirigeants de France Télécom ont vu leur condamnation pour « harcèlement moral institutionnel » confirmée en appel. Leur politique de départs forcés, menée à partir de 2007, avait débouché sur une vague de suicides. Mais les responsables échappent à la prison ferme. Quelle portée pour ce jugement ?

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Une entreprise, France Télécom, et ses anciens dirigeants condamnés pour harcèlement moral institutionnel, c’est-à-dire pour avoir mis en place une politique visant à faire partir par tous les moyens des milliers de salarié·es, déclenchant des souffrances énormes, jusqu’à une vague de suicides : voilà le bilan – provisoire, puisque des pourvois en cassation ont été déposés – du « procès France Télécom ».

Le 30 septembre, Didier Lombard et Louis-Pierre Wenès, les anciens dirigeants de l’entreprise, ont vu leur condamnation confirmée en appel, avec une différence de poids : un an de prison, certes, mais sans les quatre mois ferme auxquels les avait condamnés le tribunal correctionnel en première instance, en décembre 2019. Ils devront aussi payer 15 000 euros d’amende. France Télécom, devenu Orange en 2013, n’avait pour sa part pas fait appel de sa première condamnation à 75 000 euros d’amende.

Une condamnation exemplaire ? Suffisante ? Le débat s’est fait parfois vif entre nos invités, Raphaël Louvradoux, fils de Rémy Louvradoux, qui s’est immolé par le feu le 26 avril 2011 sur le parking d’un immeuble du groupe à Mérignac (Gironde), Sylvie Topaloff, avocate de victimes et du syndicat Sud, et Patrick Ackermann, le syndicaliste Sud-PTT qui a porté l’affaire depuis le début, en 2007.

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