La contre-révolution fiscale de Nicolas Sarkozy

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Lors de son entretien télévisé, jeudi 5 février, Nicolas Sarkozy a annoncé la suppression de la première tranche de l'impôt sur le revenu, en suggérant que la réforme profiterait aux victimes de la crise. Trompe-l'œil parfait car le projet vise à achever le démantèlement de cet impôt entrepris par la droite depuis des années. C'est le principe de la progressivité, au cœur des valeurs de la République depuis la Déclaration des droits de l'homme de 1789, qui risque d'être remis en cause. Sans le dire, le chef de l'Etat œuvre en faveur d'une contre-révolution fiscale. Parti pris.

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C'est une réforme en trompe-l'œil. Annonçant, jeudi 5 février, qu'il avait l'intention de supprimer la première tranche de l'impôt sur le revenu afin de «lutter contre la crise pour protéger ceux qui sont les plus exposés» et «aider les classes moyennes», Nicolas Sarkozy a suggéré qu'il allait de la sorte donner un coup de pouce au pouvoir d'achat, notamment celui des plus modestes. Et pourtant, c'est l'inverse qui se profile: derrière la réforme annoncée par le chef de l'Etat, c'est une explosion de l'impôt sur le revenu, seul véritable impôt citoyen, qui est en gestation. Présentée comme généreuse, la disposition annoncée risque donc, en fait, d'accélérer et générer l'inégalité des citoyens face à l'impôt, en remettant en cause un principe fondateur de la République, celui de la progressivité fiscale.