Jean-Louis Betoux pensait que sa section syndicale CGT serait épargnée dans sa ville « black-beur-blanc », une banlieue populaire, un bastion de gauche où le Front national pèse peu, n’investit pas de candidats aux élections locales : Évry, dans l’Essonne, en région parisienne. Il pensait que les idées du FN ne franchiraient pas les murs de la bourse du travail. La réalité l’a rattrapé. « Il y a les camarades qui ne disent pas ouvertement qu’ils votent FN mais qui te parlent dès qu’ils le peuvent d’immigration et d’assistés. Tous les jours, si tu prêtes l’oreille, tu en entends un maudire les immigrés “qui viennent bouffer les aides sociales, profiter des logements sociaux, de l’assurance-chômage pendant que nous, on bosse et on a droit à rien”. »