«Embauchez les jeunes, libérez les vieux!»

Par et
Mais pourquoi tant de lycéens, étudiants, salariés... dans la manifestation?
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Ils étaient nombreux mardi après-midi, lycéens, étudiants ou jeunes salariés, à battre le pavé au sein du cortège parisien. Dès 13 heures, trois d'entre eux pique-niquent place de la République. Ils ont pris le train à 4 heures ce matin à Dijon pour rejoindre la capitale. «La France qui se lève tôt est là aussi», lâche, ironique, Kévin, en 3e année de psychologie. «Les retraites, l'éducation, la réforme des facs, la mastérisation...», il vient aussi pour tout cela. Et contre «un gouvernement qui va faire passer une loi sans que l'opposition ait été consultée», poursuit Vincent, étudiant en journalisme.

Hafsssa, 17 ans, a «une rage» en elle et préférerait qu'on revienne à «la source du problème: le taux de chômage qui touche les plus jeunes». Le chômage, leur préoccupation première.Marie, en Master 1 de Littérature: «La précarité actuelle nous inquiète forcément quant à notre avenir. Elle oblige les jeunes à voir dans le long terme.» Cheveux en bataille, jean déchiré, la jeune femme espère que cette mobilisation marque le point de départ d'une vraie dynamique, «d'un mouvement sous-jacent qui ne laisse jamais tranquille ce pouvoir corrompu».

Lecontexte est propice à la mobilisation. «Aujourd'hui, le point d'orgue, c'est la retraite, explique Vincent, mais, plus globalement, il s'agit de pousser un coup de gueule général contre cette politique.» Dans le cortège parisien, les jeunes rencontrés ne manquent pas d'afficher leur défiance à l'égard du gouvernement: «Une politique qui nous mène en bateau» s'emporte Arthur, 22 ans. «Un climat délétère», renchérit Nicolas, tout jeune salarié.

Dans ce concert de protestations, Eric Woerth est en première ligne.Comme érigé en symbole des inégalités: «C'est quand même assez drôle de voir que l'homme qui est chargé de conduire cette réforme est englué dans autant d'affaires», glisse l'un des jeunes manifestants. Marie est elle catégorique: «Il est temps de mettre un coup de massue sur ce magouilleur de première!»Une certaine envie de faire table rase. En écho à ce qui s'exprimait dans les manifestations de samedi dernier.

Vidéo: Hugo Vitrani

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