Violences policières: ce que révèlent les cas Vadot et Jounin

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Aller au-delà des cas personnels. Jeudi au tribunal de Bobigny, le procès de Nicolas Jounin, sociologue accusé de violences sur un policier lors d’une mobilisation contre la loi sur le travail, a tourné au procès des pratiques policières. Pratiques mises en cause le matin même par Guillaume Vadot, insulté et agressé par des policiers le 22 septembre à Saint-Denis.

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Les deux histoires ont de multiples points communs : un jeune homme blanc, enseignant-chercheur d’un côté, sociologue de l’autre ; les deux affaires se passent en Seine-Saint-Denis ; dans les deux cas, les policiers sont accusés de violences ; dans les deux cas, les témoignages des forces de l’ordre sont pris en défaut. Avec des différences tout de même : d’un côté Guillaume Vadot, jeune enseignant-chercheur, a été agressé verbalement et physiquement par deux policiers alors qu’il tentait de filmer une arrestation musclée devant la gare de Saint-Denis. De l’autre, Nicolas Jounin, sociologue, participait le 28 avril à une action intersyndicale contre la loi sur le travail. Il finit par être arrêté, accusé d’avoir frappé un policier, mais affirme le contraire : ce sont des policiers qui l’ont frappé. En creux de ces deux affaires : la question des violences policières. Mais pas seulement. Ces deux victimes blanches, chacune à sa façon, mettent aussi en lumière des pratiques policières jusque-là réservées aux quartiers populaires, aux personnes racisées, aux « banlieues », en somme.