Jamil Mouawad : «Au Liban, les gens contestent, protestent, mais n’ont aucune vision de l’avenir»

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Après l’explosion dévastatrice du 4 août,  les Libanais expriment leur colère face à une classe politique plus contestée que jamais. Enseignant-chercheur à l’Université américaine de Beyrouth, le politiste Jamil Mouawad reste prudent quant aux chances de voir émerger une alternative politique.

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Quatre jours après l’explosion dans le port de Beyrouth qui a causé la mort d’au moins 154 personnes et fait 5 000 blessés, la colère des Libanais ne faiblit pas. Ce samedi après-midi, une manifestation s’est déroulée à Beyrouth (forte de milliers de participants et parsemée de confrontations avec les forces de l’ordre) pour demander des comptes à la classe politique. Face à la pression de la rue, le premier ministre Hassan Diab a annoncé qu’il allait proposer des élections anticipées. Dans un discours télévisé, le chef du gouvernement a estimé que seules « des élections anticipées peuvent permettre de sortir de la crise structurelle », ajoutant qu’il était prêt à rester au pouvoir « pendant deux mois », le temps que les forces politiques s’entendent à ce sujet.