Mediapart face à Dassault: « Le journalisme n’est pas un délit »

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Serge Dassault a réclamé devant la justice, saisie en référé, le retrait des enregistrements publiés par Mediapart, dans le sillage de la décision obtenue dans l'affaire Bettencourt. Compte-rendu d'audience.

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Quand le journalisme montre la lune, la justice doit-elle regarder le doigt ? Autrement dit, quand éclate l’affaire Dassault (ou Bettencourt), l’information peut-elle être récusée au prétexte de l’enregistrement clandestin qui la dévoile ? Tel est l’enjeu de la demande de Serge Dassault, examinée en référé le 8 octobre devant les juges de la XVIIe Chambre (droit de la presse) du tribunal de grande instance de Paris, visant à faire interdire les documents sonores mis en ligne par Mediapart le 15 septembre dernier. Il s’agit donc de trois courts extraits dans lesquels l’industriel de 88 ans, féru de suffrage universel, évoque l’argent par lui distribué à des hommes de sac et de corde afin d’acheter des électeurs à Corbeil-Essonnes, ville qui fut longtemps sienne et dont il demeure l’âme politique, notamment par le truchement de son mandat de sénateur.