«Acte 4»: notre récit en direct de la journée

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Quatrième samedi de mobilisation pour les gilets jaunes. Selon le ministre de l’intérieur, 125 000 manifestants ont été décomptés à travers le pays. 1 385 personnes ont été interpellées en France, parmi lesquelles 974 ont été placées en garde à vue. Notre récit de la journée.

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19h30. « Le temps du dialogue est là »

Lors d’une conférence de presse, le ministre de l’intérieur Christophe Castaner a affirmé que 125 000 gilets jaunes avaient été recensés partout en France, à 18 h. Selon les derniers chiffres, 1 385 personnes ont été interpellées en France, parmi lesquelles 974 ont été placées en garde à vue. « À l’heure où je vous parle, la situation est maîtrisée, même si certains points de tension demeurent en province », a-t-il affirmé. Édouard Philippe a estimé que la « vigilance et la mobilisation restent de mise », soulignant que des « casseurs » étaient toujours à l’oeuvre à certains endroits. Après avoir félicité les forces de l’ordre, il a assuré que « le temps du dialogue est là ». « Il a commencé, il doit se poursuivre. Aucune taxe ne mérite de remettre en cause l’unité nationale. » « Le président s’exprimera pour nourrir le dialogue », a-t-il poursuivi, avant de conclure : « Place au débat ! »

17h30. La nuit est tombée place de la République 

 © L. D. © L. D.

17h25. Toujours plus d’interpellations

Dernier bilan de la préfecture de police de Paris : 673 interpellations, 551 gardes à vue, 55 blessés dont trois membres des forces de l’ordre.

17h20. Bonne ambiance à République

Le réalisateur et militant écologiste a pris la parole sur la place, rapporte Edwy Plenel : « À Paris, il nous a été demandé de reporter cette marche [ouhhh, dit la foule, ndlr]. Impensable ! Il était plus urgent que jamais de parler des problèmes de fin du monde et de fin du mois parce qu’il ne faut pas les opposer [ovation]. Un cortège pacifique avec tous les gilets jaunes. Parfois il faut être courageux. Il faut faire entendre nos voix, descendre dans la rue. »

Des militants du climat arrivent place de la République. © T. G. Des militants du climat arrivent place de la République. © T. G.

Cyril Dion fait l’éloge des gilets jaunes : « Ils nous ont montré qu’on a besoin d'aller à la confrontation, à la confrontation pacifique mais à la confrontation tout de même. »

« Quand le peuple se lève, on est invincible », c’est le refrain chanté dans une fraternisation générale et sympathique où l’on mêle défense du vivant, ouverture des frontières et démocratie inventée d’en bas. Puis c’est le moment de clamer « Et 1 et 2 et 3 degrés c’est un crime contre l'humanité. » Quelques voix plus isolées crient « Macron démission ! Dissolution ! » Mais ça ne prend pas. Pas encore ? 

Place de la République, vers 17h00. © T. G. Place de la République, vers 17h00. © T. G.

16h45. Canon à eau place Saint-Augustin

Place Saint-Augustin © JC Place Saint-Augustin © JC
Selon notre reporter Joseph Confavreux, environ mille gilets jaunes ont investi la place Saint-Augustin. Les forces de l’ordre arrosent la foule au canon à eau et au gaz lacrymogène alors que la nuit commence à tomber.

16h30. Vitrines cassées et gaz lacrymogène

 © MG © MG
À Saint-Lazare, notre journaliste Mathilde Goanec décrit une situation très tendue. Un feu de barricade fume sur la route près de l’esplanade, éteint par les pompiers. Un Starbucks a été détruit. Des gilets jaunes se sont introduits à l’intérieur. Des vitrines de magasins sont aussi cassées. Tous les points possibles de rassemblement sont investis par les manifestants avant que les CRS interviennent pour disperser tout le monde avec des gaz lacrymogènes notamment. La tension s’accroît dans la foule.

16h20. Julien Coupat a été interpellé

Le nombre des interpellations parisiennes se monte en milieu d'après-midi à 651 personnes, dont 536 placées en garde à vue. Il y a eu 30 blessés à Paris, dont trois parmi les forces de l’ordre.  

Le site lundimatin annonce sur Twitter l’arrestation de Julien Coupat:

16h10. « Fin du monde, fin du mois, même combat »

E. P. E. P.
En gilet jaune, la marche pour le climat arrive place de la République, animée par les militants d’Alternatiba. Parmi les slogans: « Les petits pas ça suffit pas. Changeons le système. Fin du monde, fin du mois, c’est pour nous le même combat. »

15h50. Autour des Champs-Élysées

 

15h40. Urgence climatique et justice sociale

 © E. P. © E. P.
Place de la République, à Paris, l’agenda est radicalement démocratique et sans frontières. On peut y entendre chanter « Libérez le Togo, libérez les travailleurs, nous devons nous lever ». Une avant-garde du cortège des militants du climat (photo), parti de la place de la Nation, commence à arriver par l’avenue de la République. Des militants anarchistes chantent la Ravachole.

15h00. Entre Bastille et République

Place de la Bastille, samedi en début d'après-midi. © E. P. Place de la Bastille, samedi en début d'après-midi. © E. P.
Depuis le boulevard Beaumarchais, des gilets jaunes convergent vers la place de la Bastille, où se trouve un attroupement. Les automobilistes klaxonnent en soutien. Sur le boulevard, un restaurant affiche son engagement sur son ardoise, avec une orthographe improbable – « Fermez! Parce qu'on est parmis vous ! Gilet jaune !!! » – et un gilet bien en vue. A proximité de la place de la République, le Cirque d'hiver affiche également son soutien au mouvement.

14h40. Toulouse

Dix-sept personnes ont été interpellées à Toulouse, et une autre ailleurs en Haute-Garonne, avec des bombes artisanales, des armes blanches, des marteaux et des gourdins, selon la préfecture de la région Occitanie. La mobilisation a réuni 760 personnes dans le département de Haute-Garonne, dont 150 à Toulouse, là encore selon la préfecture.

14h00. Interpellations, suite

Selon le secrétaire d'État auprès du ministre de l'intérieur, Laurent Nuñez, 31 000 manifestants sont décomptés à travers le pays (il y en a eu 36 000, toujours selon le ministère de l'intérieur, le 1er décembre).

Du côté des arrestations : 717 personnes ont été interpellées sur tout le territoire (dont 581 à Paris), dont 438 placées en garde à vue (423 à Paris), selon le dernier bilan. 

13h45. Charges sur les Champs-Élysées

Beaucoup de charges et de tirs de Flash-Ball se produisent sur les Champs-Elysées, a constaté notre journaliste Karl Laske. Un reporter du Parisien affirme avoir été touché :

 

 

13h30.

En fin de matinée boulevard des Italiens. © J. C. En fin de matinée boulevard des Italiens. © J. C.
Le cortège du quartier Opéra Saint-Lazare s’est scindé, constate sur place notre journaliste Joseph Confavreux. Une grosse partie des manifestants se dirige vers les Champs-Élysées par le boulevard Haussmann, comme a pu le voir notre journaliste Matthieu Suc, tandis que les autres se dirigent vers République. Des affrontements se produisent à hauteur de Bonne-Nouvelle, où un collecteur de bouteilles en verre a été renversé.

13h00. Selon la préfecture de police, des manifestants ont pris place sur le périphérique parisien, au niveau de la Porte Maillot.

13h00. Slogans

La façade taguée de la Société générale, boulevard Haussmann. © J. C. La façade taguée de la Société générale, boulevard Haussmann. © J. C.
 

12h50. « Le moment de bascule »

Notre journaliste Mathilde Goanec a recueilli le témoignage de Lucile, une manifestante : « Macron a raison d’avoir peur, je ne sais pas si ce qui se passe est historique mais pour moi c’est vraiment le moment de bascule. C’est vraiment populaire. »
« Vers 11 h 00 nous étions dans le cortège à partir de Saint-Lazare, avec le NPA et le comité inter-gares. Une partie du cortège se dirigeait vers les Champs. Nous sommes partis vers Auber et on s’est retrouvé nassés rue Caumartin, dans une toute petite rue, ce qui était plutôt inquiétant. La police laissait sortir un peu au compte-gouttes. »

« On va à l’Élysée. » Mais les manifestants se heurtent régulièrement aux CRS et font demi-tour.

12h45. Plus de 550 interpellations.

Selon le dernier bilan de la préfecture, 575 personnes ont été interpellées, et 361 placées en garde à vue. Le 1er décembre, la préfecture avait fait état de 412 interpellations et 378 personnes placées en garde à vue pour toute la journée. Le 24 novembre, 103 personnes avaient été arrêtées à Paris.

12h40. Mouvements du côté des Champs-Elysées

Bloqué aux Champs-Elysées, un gros cortège s'est formé en direction de la Porte Dauphine, a constaté sur place notre journaliste Lucie Delaporte. Pendant que des CRS remontent l'avenue de la Grande Armée, des manifestants crient « Police nationale, police du capital ».

Avenue de la Grande armée. © L. D. Avenue de la Grande armée. © L. D.

12h15. « Il faut que des têtes tombent. »

À 11 h 50, les gilets jaunes sont toujours bloqués sur les Champs-Élysées, selon notre journaliste sur place Lucie Delaporte. Quelques gaz lacrymogènes embrument l’air à ce moment-là. Elle s’est entretenue avec un couple de gilets jaunes de 30 et 40 ans. Ces deux entrepreneurs venus de Lyon pensent « qu’il faut changer de régime et que des têtes tombent ». Notre reporter explique qu’ils sont partis très fâchés « d’être parqués sur les Champs-Élysées, sous les caméras de BFM ». Ils ont l’impression d’une « mise en scène ». Près de l’arc de triomphe, ultra sécurisé par les forces de l’ordre, une Marseillaise retentit.

12h00. Petite tension à Auber

Un peu avant midi, notre journaliste Joseph Confavreux signale que le cortège parti de la gare Saint-Lazare est bloqué au niveau d’Auber, près de l’Opéra de Paris. « C’est une grande nasse, il n’y a pas vraiment d’issue. Et l’ambiance est moins calme qu’auparavant, cela se tend. »

12h00. Mobilisations sur la Côte d'Azur

A Nice, Menton, Grasse ou encore Brignoles... les gilets jaunes défilent aussi.

 

11h30. Un cortège s'est formé à Saint-Lazare

Notre journaliste Joseph Confavreux est présent dans le cortège qui est parti de la gare Saint-Lazare. Celui-ci réunit entre 1 500 et 2 000 personnes qui défilent en scandant des slogans anticapitalistes majoritairement. Il réunit des gilets jaunes, beaucoup de cheminots vêtus de leur gilet orange estampillé SNCF, des postiers, des travailleur.se.s du sexe ou encore le comité Adama. L’écrivain Edouard Louis, fervent soutien de cette association présidée par Assa Traoré, sœur d’Adama mort dans une gendarmerie à l’été 2016, considère que ce mouvement est « un rêve politique ». Dans la foule, on peut aussi apercevoir, l’économiste Frédéric Lordon, Olivier Besancenot ou encore David Graeber, le théoricien des bullshits job

Des manifestants rue de Caumartin. © J. C. Des manifestants rue de Caumartin. © J. C.

L’avancée des manifestants, qui se fait dans le calme, est bloquée à hauteur du Printemps, sur les grands boulevards. 

11h18. 481 interpellations, 211 gardes à vue

Édouard Philippe vient de l’annoncer : à 11 heures, 481 personnes ont été interpellées et 211 placées en garde à vue. Le premier ministre, qui s'exprimait depuis le ministère de l'intérieur, a souligné la mise en place d'un « dispositif exceptionnel par les choix d’organisation que nous avons faits ». Il a remercié « tous ceux qui ont appelé au calme ». « Nous veillerons, a-t-il poursuivi, à ce que la journée se déroule dans les meilleures conditions afin que le dialogue puisse se poursuivre. »

Vendredi, Édouard Philippe avait reçu six gilets jaunes à Matignon, dont Jacline Mouraud et Benjamin Cauchy.

11h10. Interpellation d’un leader des gilets jaunes à Grenoble

Selon Le Dauphiné libéré, la situation s'est tendue dans la manifestation grenobloise qui rassemble quelques centaines de gilets jaunes, après l'arrestation de l’un d'entre eux, Julien Terrier.

 

10h30. Premiers heurts aux Champs-Élysées

Sur les Champs-Élysées, à Paris, samedi 8 décembre dans la matinée. © Mathilde Goanec Sur les Champs-Élysées, à Paris, samedi 8 décembre dans la matinée. © Mathilde Goanec

Selon notre journaliste Mathilde Goanec sur place sur les Champs-Élysées, « tout était calme avant que les premiers heurts n’éclatent aux alentours de 10 h 30 dans les rues adjacentes, notamment rue Arsène-Houssaye. Les CRS ont tenté de disperser la foule qui tentait de s’y engouffrer à l’aide de gaz lacrymogène. La plupart des gilets jaunes sont arrivés ici vers 5 ou 6 h du matin depuis la Porte Maillot. Les forces de l’ordre ont laissé d’abord passer pas mal de monde après contrôle. Le haut et le bas de l’avenue des Champs-Élysées sont bloquées, les gilets jaunes considèrent qu’ils sont parqués. » On y entend aussi La Marseillaise. 

10h00. Des interpellations par centaines
À 10 heures, 343 personnes avaient déjà été interpellées à Paris, et notamment gare Saint-Lazare, comme l’a constaté Mediapart sur place. Selon la préfecture de police, 32 ont été placées en garde à vue, essentiellement pour « participation à un groupement en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destruction ».

Interpellation à Paris, samedi matin. © Reuters Interpellation à Paris, samedi matin. © Reuters

« On a vu les limites du cantonnement et donc le mode d’intervention a changé, il y aura plus de contrôles, plus d’interventions directes », a expliqué à Brut Christophe Castaner, ministre de l’intérieur. Huit mille policiers ont été mobilisés à Paris. « J’appelle celles et ceux, gilets jaunes, qui veulent porter un message militant à ne pas se mêler aux casseurs. On sait que les casseurs ne sont forts que parce que ils se déguisent en gilets jaunes et s’immiscent au milieu d’eux. Et il y a aussi des gilets jaunes qui se sont radicalisés », a justifié le ministre.

6h30. Arrivée Porte Maillot

Porte Maillot, au lever du jour. © M. G. Porte Maillot, au lever du jour. © M. G.
Dès 6h30, les gilets jaunes arrivent par la Porte Maillot et se font systématiquement contrôler, a constaté notre journaliste Mathilde Goanec, sur place.

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