A Mayotte, des expulsions massives et des milices violentes

Le gouvernement français a fixé pour 2019 l’objectif de « 30 000 reconduites à la frontière » depuis Mayotte. Un chiffre énorme. Sur place, les infrastructures étatiques et associatives sont au bord de l’effondrement et les appels à la violence de collectifs citoyens se multiplient.

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Archipel des Comores, envoyé spécial.– Il est midi, des agents de la police aux frontières (PAF) portent sans ménagement un homme jusqu'au bateau où patientent depuis de longues heures déjà des femmes et des enfants en état de stupeur. La plupart ont été arrêtés la veille dans les rues de Mamoudzou, la capitale de Mayotte, et ont passé une nuit dans des conditions dantesques au centre de rétention administrative (CRA) de la Petite-Terre. Dans quelques minutes, le ferry Maria-Galanta de la compagnie SGTM quittera le quai de Dzaoudzi, pour transporter ces cent cinquante personnes à 80 kilomètres de là jusqu'à Mutsamudu, île d'Anjouan, Union des Comores.

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