Pascal Durand: «Avec l'affaire Cahuzac, notre démocratie bancale entretient les conflits d’intérêts»

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Pascal Durand est secrétaire national d’EELV et avocat de profession. Sans préjuger de la culpabilité de Jérôme Cahuzac, il dénonce l'opacité de l'enquête administrative lancée par le gouvernement et juge qu'il « est malsain que l’administration fiscale enquête sur son ministre de tutelle ». Par principe, dit-il, « le ministre du budget aurait dû démissionner ».

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L’affaire Cahuzac a plusieurs visages. Le premier est celui d’informations publiées par Mediapart sur l’existence d’un compte suisse. Le ministre du budget dément et, selon le Journal du dimanche, il a reçu le soutien des autorités helvétiques, qui auraient indiqué n’avoir trouvé aucune trace d’un tel compte entre 2006 et 2012. Mais cette affaire, à l’instar de l’affaire Bettencourt, révèle aussi le fonctionnement des institutions françaises. Le gouvernement a en effet choisi de lancer une enquête administrative parallèle à l’enquête judiciaire et il en fait fuiter le résultat, tout en se réfugiant derrière le secret fiscal pour ne pas publier la note venue de Suisse. Quant à la justice, c'est pour l'instant le parquet qui a la tutelle des investigations, sans qu'un juge indépendant ait été désigné.