La rente des sociétés d'autoroutes est bien protégée

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Le gouvernement s’apprête à enterrer tous les projets de reprise en main des autoroutes, défendus par les députés. La haute administration a phagocyté le groupe de travail chargé de les étudier, afin de tuer toute velléité de changement. Jean-Paul Chanteguet, qui présidait ce groupe de travail, a démissionné.

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Jean-Paul Chanteguet a décidé de mettre un terme à la mascarade. Le président de la commission du développement durable de l’Assemblée nationale a démissionné, lundi 9 mars, de la présidence d’un groupe de travail sur les autoroutes, à la veille de la remise d’un rapport censé être définitif sur le sujet. « Je refuse d’avaliser plus avant cette mise en scène et met un terme à ma participation à ce groupe de travail, dont les travaux, consciencieusement organisés et orientés, ont eu pour objectif de montrer, que de rente il n’y avait pas et que l’idée de la résiliation était irréaliste, pour ne pas dire irresponsable », écrit-il. Dans une lettre envoyée au premier ministre Manuel Valls le 26 février et rendue publique en même temps, le député socialiste était encore plus précis : « Sur ce dossier comme sur d’autres précédents, le pouvoir exécutif, au travers de sa haute administration, dénie aux parlementaires toute légitimité à proposer des solutions réfléchies, documentées et innovantes. (…) Je ne saurai pour ma part cautionner une démarche qui n’aurait pour ligne directrice la défense de l’intérêt général, c’est-à-dire celle de l’État et de ses usagers. » (Voir dans l’onglet Prolonger le communiqué et la lettre.)