A La Courneuve, des riveraines en lutte contre un data center

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Malgré l’annulation par la justice de son autorisation d’exploitation, un data center poursuit son expansion dans un quartier de La Courneuve, provoquant la colère de deux voisines. Avec leurs soutiens, elles décrivent un quotidien bouleversé par l'arrivée à côté de chez elles de produits toxiques.

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Une multinationale s’installe dans votre rue et commence à y construire des data centers, comme si vous n’existiez pas. Et que pouvez-vous y faire ? Pas grand-chose. C’est le constat de découragement que formulent deux habitantes de La Courneuve confrontées au rouleau compresseur du groupe Interxion, spécialisé en hébergement de serveurs internet. Alors qu’elles ont obtenu fin 2015 l’annulation de l’autorisation d’exploitation du site bâti devant leurs fenêtres, elles observent avec tristesse l’élévation d’un deuxième site, juxtaposé au premier.

Grues de plusieurs dizaines de mètres de haut, allées et venues de camions même la nuit, logements qui tremblent sous les coups de masse du chantier d’en face : Matilda Mijajlovic et Khadija Aït Oumasste décrivent un quotidien bouleversé depuis le démarrage des travaux de l’extension du data center PAR 7, rue Rateau à La Courneuve, au printemps dernier. « Tous les objets ont tremblé dans la maison. Des camions jour et nuit. On vit l’enfer. Mon toit s’est affaissé, à cause du sol qui a bougé avec les travaux. » La mère de famille habite une maisonnette avec jardin située juste en face du chantier. Elle ne comprend pas pourquoi les travaux ont démarré avant même la fin de l’enquête publique concernant l’autorisation d’exploiter le site. « On se sent écrasé. C’est une multinationale. Ils sont forts. Si encore ce n’était que le chantier. Mais au final, c’est encore plus de produits dangereux à dix mètres de nos maisons. »