Ecureuil: les alertes de la Commission bancaire que personne n'a voulu entendre

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Dans une version complaisante servie à l'opinion, la perte de 751 millions d'euros subie par les Caisses d'épargne en octobre 2008 a été présentée comme le résultat malencontreuxd'une spéculation à hauts risques prise parun jeune trader. Erreur! Nous mettons en ligne de nombreux courriers de la Commission bancaire (le gendarme du secteur bancaire), attestant que des alertes avaient été faites sur les dysfonctionnements de la banque. Mais ces alertes sont restées confidentielles et n'ont été que partiellement prises en compte. Nous reconstituons la chronique d'une crise annoncée depuis plusieurs années.

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Mais que diable les autorités de tutelle des marchés ont-elles fait pendant toutes ces années ? Pourquoi diable le gendarme des banques qu'est la Commission bancaire n'est-il pas intervenu de manière énergique, si les Caisses d'épargne, comme nous l'avons vu au cours de notre épisode précédent, ont perdu 751 millions d'euros en octobre 2008 non pas du fait d'un malencontreux « incident de marché » mais du fait d'une cascade de dysfonctionnements ? Le plus étrange dans notre histoire, c'est que le gendarme a précisément fait son office. Il a sifflé les infractions à chaque fois qu'il a vu la banque en commettre. Mais cela s'est passé comme cela se passe si souvent en France – à la différence du système américain – de manière discrète, sans qu'il en soit fait la moindre publicité.