«Extinction Rebellion», enfin du monde

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Dans le « Libé » des historien·ne·s, Ludivine Bantigny et Mathilde Larrère rendent compte d’Extinction Rebellion, mouvement aux contours encore flous dont les militants écrivent une nouvelle page de l’histoire des luttes, avec tout ce que cela implique : solidarité et contradictions. Un tel bouillonnement rappelle Mai 68 aux deux historiennes : esprit festif, actions spectaculaires…

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«On n’entre pas dans un monde meilleur sans effraction. » Dans le centre commercial Italie 2, occupé samedi à l’initiative d’Extinction Rebellion, le tag claque. Il pose d’emblée bien des enjeux : un autre monde, hors de la logique productiviste d’un capitalisme à bout de souffle ; l’entrée forcée par l’occupation et la métamorphose des lieux qu’elle implique ; l’interrogation taraudante sur l’usage de la violence – ou non. Un vieil ami nous dit : « Ça ressemble à 68 » – occupé, joyeux, déterminé. D’ailleurs un peu plus loin, les slogans en rappellent l’esprit : « Sous les pavés la vie. » Bien sûr, il y a une différence majeure : on n’entend pas parler de grève générale ni de blocage de la production. Les lieux de la consommation et de la circulation sont visés, comme avec l’occupation mercredi d’un McDo, symbole honni. Comme le montrent les assemblées, ce type d’action est appelé à se multiplier.