La légitime censure d’un pouvoir failli

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La démocratie n’appartient ni à la gauche ni à la droite. Quand elle est bafouée par des gouvernants qui se réclament de l’une ou l’autre de ces familles politiques, tout républicain digne de ce nom doit simplement dire « non ». C’est cette attitude de principe qu’appelle le coup de force d’un pouvoir sans majorité au Parlement et minoritaire dans le pays pour imposer sans débat ni vote une loi de régression sociale à tous les salariés de notre pays.

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Décidément, ce pouvoir n’aura cessé de faire la courte échelle aux pires ennemis de la République. Il y a quelques mois, avec la déchéance de nationalité, il épousait sans vergogne leur idéologie identitaire d’exclusion et de repli, prêt à instituer une hiérarchie entre Français selon leur origine. Jusqu’à ce qu’un sursaut parlementaire l’en empêche, via le Sénat, il était prêt à inscrire dans le marbre constitutionnel une mesure d’extrême droite avec le secours de la droite sarkozyste. Et le voici qui, maintenant, proclame sans barguigner que gouverner, c’est violenter, faisant l’éloge de méthodes autoritaires qui piétinent le Parlement, humilient la représentation nationale et ignorent la protestation sociétale.