Grey Anderson: «La violence originelle de la Ve République a été neutralisée par le discours modernisateur»

Par

Dans un ouvrage incisif, La guerre civile en France, 1958-1962, l’historien américain Grey Anderson se plonge dans les premières années de la Ve République pour un récit des origines loin de la commémoration officielle.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Cela fait désormais 60 ans que la Ve République est installée en France. Et, bien qu’elle soit contestée de toutes parts, aussi bien à droite qu’à gauche, que de nombreuses formations et personnalités politiques promettent de basculer vers une VIe République, rien n’y fait. Elle semble inamovible, figée telle une statue sur son piédestal, taillée par les gaullistes mais embrassée par leurs successeurs, y compris les socialistes et les centristes, qui ont pourtant noirci des millions de pages d’essais et de discours pour la dénoncer. L’un de ses travers les plus fréquemment critiqués, le présidentialisme, connaît même des jours particulièrement fastes depuis l’accession d’Emmanuel Macron à l’Élysée.