Le port du voile en entreprise divise jusqu’à la Cour de justice européenne

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La Cour de justice de l’Union européenne doit dire si une entreprise peut à bon droit interdire à une salariée musulmane de porter le voile. À deux mois d’intervalle, sur cette question hautement sensible, deux de ses avocats généraux viennent de rendre deux avis diamétralement opposés. En attendant la décision finale. 

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Une entreprise peut-elle interdire à ses salariées musulmanes de porter le voile ? Sollicitée par la France et la Belgique, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) n’a pas encore tranché. Mais la CJUE va devoir faire face à deux argumentaires diamétralement opposés soutenus par deux de ses avocats généraux dans des affaires à la fois distinctes et largement similaires. En effet, moins de deux mois après un premier avis qui soutenait, dans l’affaire belge, que, dans le secteur privé, une entreprise pouvait à bon droit émettre ce type d’interdiction, l’avocate générale Eleanor Sharpston a, elle, considéré le 13 juillet dans ses conclusions que « le règlement de travail d’une entreprise qui impose à une travailleuse d’ôter son foulard islamique lors de ses contacts avec la clientèle constituait une discrimination directe illicite ».