L’art du scandale en direct

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L’affaire « Touche pas à mon poste » signale la permanence des critiques adressées à certaines émissions de télé depuis le début des années 2000. Elle révèle aussi la force d’adhésion collective que leurs producteurs savent générer.

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Sauf à se tenir éloigné de tout média, il est bien difficile, depuis quelques semaines, d’ignorer encore qui est Cyril Hanouna et ce que signifie l’acronyme TPMP. En effet, la dernière polémique suscitée par l’émission, à la suite d’un canular téléphonique réalisé en direct le jeudi 18 mai 2017, a été largement commentée et médiatisée. Les plaintes de nombreux téléspectateurs et l’accusation d’homophobie portée notamment par le monde associatif ont conduit à l’ouverture d’une procédure pour sanction par le CSA contre la chaîne de diffusion C8 et au retrait d’une trentaine d’annonceurs. Aux déclarations dans la presse de Cyril Hanouna (« Mea culpa », « Regrets », mais aussi « Colère » dans Libération puis le Journal du Dimanche) se sont ajoutées celle de la secrétaire d’État Marlène Schiappa, chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, qui a demandé publiquement à rencontrer l’animateur, jusqu’à celle de la ministre de la culture Françoise Nyssen, condamnant tout dérapage, « qu’il soit sexiste, raciste, antisémite ou homophobe », faisant clairement allusion à l’émission et à cette dernière affaire.