Les arrêtés anti-mendicité, ou comment cacher la misère des centres-villes

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Remis en lumière cet été par le maire LREM de Besançon, les arrêtés anti-mendicité existent en France depuis les années 1990. Régulièrement retoqués par la justice administrative, ils demeurent néanmoins un outil privilégié des municipalités de droite soucieuses de satisfaire les commerçants et riverains de leurs centres-villes.

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C’est un simple arrêté municipal, le genre de texte qu'un maire signe par brassées, pris par le maire de Besançon dans la torpeur de l'été. Sauf que celui-là a donné lieu à des dizaines d'articles de presse (y compris dans Mediapart), a mis dans les rues des centaines de Bisontins, et a fait exploser sa majorité municipale. Devant la bronca, Jean-Louis Fousseret, maire socialiste rallié à Emmanuel Macron depuis 2017, l'a fait retirer, et remplacer par un arrêté expurgé de ses mots les plus explicites : désormais, Besançon n'interdit plus la « mendicité » mais seulement « l'occupation de manière prolongée en station debout, assise ou allongée des voies publiques (...) lorsqu'elle est de nature à entraver la libre circulation des personnes, à porter atteinte à la tranquillité publique (...) ou à la salubrité publique ».