Régionales: la fusion LR-PS prônée par Manuel Valls désespère la gauche

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En suggérant que les listes PS et Les Républicains pourraient fusionner au second tour pour faire barrage au Front national, le premier ministre a réussi l'exploit de souder contre lui une gauche qui part en ordre dispersé à la bataille des élections régionales.

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Ils ont le sentiment, forcément désagréable, de s’être fait avoir. C'est l'état d'esprit, rapporté par Libération, des pontes de la majorité réunis mardi soir à l'Elysée pour un dîner avec Manuel Valls. En envisageant pour la première fois, quelques heures plus tôt, devant des journalistes à Matignon, une fusion des listes de gauche et de droite au second tour pour faire barrage au FN, le premier ministre a ressoudé contre lui toutes les familles de la gauche, pourtant plus divisées que jamais à l'approche des élections régionales du 6 décembre. Avant la petite phrase de Valls, le PS avait déjà eu du mal à adopter une doctrine en cas de probabilité de victoire du FN – celle du désistement. En lançant cette idée à contre courant, Valls risque en effet de démobiliser l'électorat socialiste, et accréditer le slogan lepenésiste selon lequel il n'y a pas de différence entre la droite et la gauche. D'où le déminage entrepris à Matignon, où l'on assure désormais que ce n'est qu'une « simple hypothèse de travail », et où l’on préfère employer le terme de « coalition » plutôt que « fusion ».