Les opposants aux grands projets font vingt propositions de réforme

Près de cinq mois après la mort de Rémi Fraisse, le jeune homme tué sur le site du barrage de Sivens, des collectifs d’opposants à de grands projets d’aménagement du territoire présentent vingt propositions de réforme du débat public.

La lecture des articles est réservée aux abonné·es. Se connecter

Près de cinq mois après la mort de Rémi Fraisse, le jeune homme tué par une grenade lancée par les gendarmes sur le site du projet contesté de barrage à Sivens, des collectifs d’opposants à de grands projets d’aménagement du territoire présentent vingt propositions de réforme. Parmi eux, on trouve des collectifs et personnalités engagés contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le barrage de Sivens, la ligne Lyon-Turin, le Center Parc de Chambaran-Roybon, la ferme dite des mille vaches, le grand stade de Lyon, le site d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure… Ils devaient être entendus samedi 14 mars par le sénateur Alain Richard (PS) dans le cadre du débat sur la rénovation de la démocratie participative.  
En novembre dernier, François Hollande a déclaré vouloir rénover le débat public. Dans la foulée de cette annonce en ouverture de la conférence environnementale, une commission spécialisée a été créée au sein du conseil national de la transition écologique, pour plancher sur la démocratisation du dialogue environnemental. Elle doit rendre ses conclusions fin mai. Ségolène Royal, de son côté, vient de lancer une consultation en ligne, ouverte à tous, sur le même sujet.
Que proposent les opposants aux grands projets ? D’éradiquer les conflits d’intérêts qui entachent bien des décisions d’aménagement, en déconnectant le financement des études environnementales et les donneurs d’ordre, et en garantissant un fonctionnement contradictoire des études. Mais aussi d’obliger les préfets à respecter les avis rendus lors des enquêtes publiques. De reprendre les procédures de concertation en cas de modification substantielle des projets après déclaration d’utilité publique. Et déjà, pour commencer, de faire porter le premier temps de la concertation sur l’expertise du besoin censé justifier le projet.
« Nous tenons à dire haut et fort que les procédures d’intimidation, ou de judiciarisation, dont sont victimes de nombreux militants et lanceurs d’alerte non-violents de nos mouvements ne sont pas dignes de la République et n’ont comme objectif que de les faire taire de manière honteuse », déclarent-ils en conclusion de leur contribution. Pour eux, « brandir en permanence les mots de "démocratie participative", dont il n’y a d’ailleurs pas de définition arrêtée, ne suffit pas à la faire exister. Dans les faits, à cause à la fois des défauts inhérents au débat public et aux pratiques très discutables des acteurs que nous avons montrés, nous constatons qu’il n’y a pas dans notre pays de concertation locale et encore moins de construction avec les citoyens de l’intérêt général qui les concerne pourtant au premier chef. »
L’intégralité de leur déclaration et de leurs propositions est à lire ici.

1€ pour 15 jours

Résiliable en ligne à tout moment

Je m’abonne

L’info part de là


Soutenez un journal 100% indépendant : sans subventions, sans publicités, sans actionnaires

Tirez votre information d’une source de confiance

Accédez en exclusivité aux révélations d’un journal d’investigation

Déjà abonné ?

Mot de passe oublié

Aujourd’hui sur Mediapart

Politique
par Pauline Graulle, Christophe Gueugneau et Ilyes Ramdani
Violences sexuelles — Enquête
par Marine Turchi
Économie — Analyse
par Romaric Godin
Voir la Une du Journal

À ne pas manquer

Discriminations
Des témoins confirment l’humiliation infligée à une lycéenne voilée avant le bac
Jeudi 16 juin, une élève venue passer une épreuve du bac français dans un lycée parisien dit avoir été « agressée » par une responsable éducative qui n’aurait pas apprécié qu’elle vienne voilée et lui a fait rater le début de l’épreuve. Des témoins confirment la violence de la scène.
par Nejma Brahim
Politique — Analyse
Le nouvel ordre électoral : trois pôles et des incertitudes
Le second tour des législatives a confirmé la radicale nouveauté du paysage politique français depuis 2017. La majorité relative dont Emmanuel Macron doit se contenter génère cependant une situation pleine d’inconnues.
par Fabien Escalona
Exécutif — Analyse
Sans solution, Emmanuel Macron met la pression sur les oppositions
Trois jours après avoir perdu sa majorité absolue à l’Assemblée nationale, le président de la République a tenté de minimiser son échec. Martelant que son programme devait être appliqué, il a enjoint à ses opposants de se prononcer sur leur volonté ou non de l’aider à le faire.
par Ilyes Ramdani
Police — Enquête
Affaire du Pont-Neuf : le policier a tué en tirant dans le dos
Fin avril, un policier a tiré à dix reprises au fusil d’assaut sur une voiture, faisant deux morts et un blessé grave sur le Pont-Neuf, à Paris. Les premiers éléments de l’enquête, auxquels Mediapart et Libération ont eu accès, mettent à mal la thèse de la légitime défense : les balles mortelles ont atteint les victimes par le côté et l’arrière.  
par Pascale Pascariello et Camille Polloni

Nos émissions

À l'air libre
par À l’air libre
Grand entretien
par Fabien Escalona et Mathilde Goanec
Ouvrez l’Élysée
par Usul et Ostpolitik