Justice de promiscuité pour les étrangers

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Le centre de rétention du Mesnil-Amelot, près de Roissy, inaugure ce lundi son « tribunal délocalisé ». Les juges qui décident du devenir des retenus officieront désormais depuis la caserne de CRS attenante, au grand dam des avocats et associations.

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Le Mesnil-Amelot, une bourgade de moins d’un millier d’habitants, à proximité de l’aéroport de Roissy, accueille le plus grand centre de rétention administrative (CRA) de France. Et depuis lundi 14 octobre son propre tribunal pour étrangers. S’ils n’ont pas été renvoyés dans leur pays d’origine dans les 48 heures qui suivent leur placement, les retenus sont présentés devant un juge des libertés et de la détention. Une audience décisive qui débouche dans près d’un tiers des cas sur une remise en liberté. Le tribunal de Meaux « délocalise » à présent deux salles d’audience à quelques mètres du centre… et des pistes de décollage. 3 000 audiences devraient s’y dérouler chaque année.