Notre dossier : l’argent libyen de Sarkozy

Comment Djouhri manœuvre la presse pour étouffer l’affaire libyenne

À tu et à toi avec le porte-parole du groupe Lagardère, Ramzi Khiroun, ou le directeur du JDD, Hervé Gattegno, l’intermédiaire Alexandre Djouhri s’est beaucoup dépensé pour orchestrer les démentis ou les contre-offensives médiatiques de l’affaire des financements libyens de Nicolas Sarkozy. L’enquête fait également apparaître un virement au journal Bakchich en 2010.

Karl Laske et Fabrice Arfi

14 novembre 2016 à 13h19

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C’est au-delà de la connivence. Presque de l’intimité. Des écoutes judiciaires montrent aujourd’hui comment l’intermédiaire Alexandre Djouhri, proche de Nicolas Sarkozy, n’a cessé d’orchestrer les démentis et les contre-offensives médiatiques, main dans la main avec des journalistes et des patrons de presse.

Avant de faire le choix de ne plus mettre les pieds à Paris à la suite de la mise en examen de Claude Guéant en 2015, Djouhri pouvait téléphoner à Ramzi Khiroun, conseiller d'Arnaud Lagardère et porte-parole de Lagardère SCA, pour se plaindre d’un article de Paris Match, ou encore demander à Hervé Gattegno, ancien rédacteur en chef de Vanity Fair et aujourd’hui directeur de la rédaction du Journal du dimanche (JDD), de sortir « des conneries » sur les uns et les autres. « Ah bah, bien sûr ! », lui répondait le patron du JDD.

Contactés par Mediapart pour réagir, le conseiller de Lagardère assure protéger ses rédactions, tandis que le journaliste du JDD se retranche derrière le secret des sources.

Alexandre Djouhri, en avril 2014. © Reuters

Au cours de l’enquête financière, la police a aussi retrouvé un virement de 250 000 euros envoyé le 29 mars 2010 au groupe du site d’investigation Bakchich par l’avocat Mohammed Aref, pour le compte d’Alexandre Djouhri. Les apports de fonds de l’intermédiaire au journal avaient été révélés en septembre 2011 par Pierre Péan dans un livre consacré à Djouhri, mais ils étaient à l’époque contestés par le directeur de Bakchich, Nicolas Beau, un ancien journaliste du Canard enchaîné.

Dans un livre paru le mois dernier (Les Beurgeois de la République, Seuil), le journaliste reconnaît finalement l’épisode. L’entrée au capital de Bakchich, pour un total de 400 000 euros, a été scellée lors d’une rencontre organisée par Bernard Squarcini, patron des services de renseignement intérieur sous Sarkozy, à l’hôtel Bristol avec l’intermédiaire, raconte-t-il. « L’accord fut conclu au troisième verre de Bordeaux », précise-t-il, sans regrets apparents. Ces fonds facilitent il est vrai la relance du titre – et le lancement d’une nouvelle formule en mars 2010 – jusqu’à son dépôt de bilan en janvier 2011. Mais ils permettent surtout à Djouhri de ne plus retrouver son nom dans le journal qui avait jusqu’alors publié à son sujet plusieurs articles offensifs, et très documentés.

Un rapport transmis aux juges, le 26 novembre 2014, par l’Office anti-corruption (OCLCIFF), relève par ailleurs que « les investigations mettent en évidence le rôle actif d’Alexandre Djouhri vis-à-vis d’Hervé Gattegno ». L’analyse des fadettes (factures détaillées) du portable suisse utilisé par Alexandre Djouhri fait apparaître, en janvier 2013, 61 communications entre le journaliste et l’intermédiaire en un an. Le 3 mai 2012, jour de l’exfiltration de Bachir Saleh, l’ancien directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi, de Paris vers le Niger, la ligne d’Alexandre Djouhri, qui est l’organisateur de la fuite, enregistre « une communication de 17 minutes » avec Hervé Gattegno.

Plus tard, en décembre 2013, le journaliste réalise pour Vanity Fair l’interview de Bachir Saleh, à Johannesburg. L’entretien vise à opposer un nouveau démenti au document libyen faisant état d’un accord pour financer la campagne présidentielle de Sarkozy, en 2007, et dont la publication par Mediapart a justement précipité la fuite de Saleh.

Suite à cet entretien, Alexandre Djouhri appelle Hervé Gattegno le 11 mars 2014, alors qu’il se trouve en visite chez Bachir Saleh. Les “grandes oreilles” branchées sur le portable de Djouhri captent l’échange :

— Djouhri : Comment va le Commando Hervé ?
— Gattegno : À l'attaque et toi ?

— Djouhri : Moi aussi à l'attaque, j’suis à Jobourg [Johannesburg – ndlr] là. 
— Gattegno : Oh génial
 !
— Djouhri : Et à… j’suis avec Bachir. Il veut te dire bonjour, mais il a toujours pas reçu ses "TOF" [ses photos – ndlr], 
Hervé.
— Gattegno : Sans déconner ?

— Djjouhri : Mais attends, j’te le passe.
— Gattegno : Nan mais c'est quoi cette vanne ?

— Saleh (sur le portable de Djouhri) : Comment ça va Hervé ? (rires)
— Gattegno : Ça va et toi ?

— Saleh : Ça va Abdullah, hein ? Ça va, ça va, ça va…
— Gattegno : Bon, bon… formidable !


Bachir Saleh demande comment le « sujet vu l’autre fois » a été perçu. « Super !
 », répond le journaliste. « Tu n’as pas reçu… Tu n’as pas reçu les photos ? », s’inquiète Hervé Gattegno. Le journaliste demande à l’ancien dignitaire libyen de communiquer son mail à « Alexandre ». « Je vais m’en occuper moi-même parce que là sinon on ne s’en sort pas. À bientôt : take care ! », conclut-il.

« L’objectif était que Bachir Saleh ne parle pas »

Hervé Gattegno reprend sa conversation avec Alexandre Djouhri : « Donc j’ai dit à Bachir, il faut que tu récupères son adresse mail et ensuite quand on se verra tu me la fileras… Comme ça je vais lui faire, je vais m’en occuper moi-même des photos, parce que sinon on va jamais s’en sortir de cette histoire. Comment ça me fatigue… »

Alexandre Djouhri : « Surtout je lui ai dit qu’il était en photo partout dans la rédaction, et que les meufs elles avaient mis plein de rouge à lèvres sur lui et tout. »  « Ah c’est pour ça qu’il les veut, c’est pour ça… »

— Gattegno : Donc, ça va, tu te la fais crème ?
— Djouhri : Bah ouais, grave. (…)
— Gattegno : Ça va, il est pas trop emmerdé, lui ?
— Djouhri : Ils continuent, ils continuent de l’emmerder en lui disant de venir à Paris parce qu’ils ont levé son… sa fiche de recherche… et qu’ils sont prêts à lui faire tous les avantages possibles… Regarde, vérifie, ils ont retiré son nom, hein, il est plus recherché.
— Gattegno : C'est vrai ?
— Djouhri : Enfin j’te promets, mais ils ont fait ça pour lui faire genre “viens mon petit nounours on va s’occuper de toi…”.
— Gattegno : (rires)
— Djouhri : Mais faut que tu nous sortes des conneries sur les uns et les autres…
Gattegno : Ah bah, bien sûr !

Hervé Gattegno et Bachir Saleh, lors de l'entretien publié sur le site de Vanity Fair © DR

Le journaliste et l’intermédiaire se parlent et se comprennent à demi-mots. Ils ont même des codes pour désigner certaines personnes. « Y a encore Monsieur “Vapeur Berti” qui essaie de me… de me parler de me voir », annonce Djouhri. « Surtout que lui il bouffe à tous les râteliers maintenant… »,  avertit Gattegno. « Ah non mais moi, j’discute pas avec lui, hein ? », assure l’intermédiaire.

« Parce que t'as vu, poursuit Gattegno, le mec avec qui ils ont déjeuné là… Le fameux… ». « Ouais », approuve Djouhri sans hésiter. « Cest lui qui pilote, cest lui qui pilote tout maintenant », assure Gattegno. « Ouais exact... À 100 % », confirme l’intermédiaire.

« Vapeur » est donc en relation avec « l’homme qui pilote tout », prévient le journaliste.

— Gattegno : C’est lui qui pilote tout et c’est lui qui, c’est lui qui pilotait déjà l’histoire des écoutes avant de… Avant, avant d’être nommé là où il vient d’être nommé, c’est lui qui pilotait l’histoire des écoutes, donc t’as compris que lui, il était bien, il était bien aux ordres lui… […] Putain… et donc “Vapeur Vapeur” il passe du temps avec lui d’après ce qu’on m’a dit. 
— Djouhri : Nan mais ce qui est dingue, c'est… ce qui est dingue c'est comment ils peuvent se permettre de... et en plus t’as vu ils ont demandé à déglinguer le portable de Herzog… 

L’intermédiaire évoque ici les écoutes judiciaires effectuées peu avant – entre janvier et février 2014 – sur la ligne de “Paul Bismuth”, alias Nicolas Sarkozy, et les discussions de ce dernier avec son avocat Thierry Herzog, des écoutes validées un an plus tard par la Cour de cassation.

Selon l’enquête, Alexandre Djouhri avertit aussi Hervé Gattegno en juillet 2014 lorsque des journalistes de L’Express tentent d’entrer en contact avec l’avocat malais impliqué dans l’envoi de 500 000 euros à Claude Guéant. Parfois, il collabore à certains articles. En septembre 2014, il contacte ainsi Dominique de Villepin, son grand ami.

« Tu serais d'accord pour dire du bien de Christine Lagarde ? », questionne Djouhri.

« Moi, pourquoi ? », demande l’ancien premier ministre. « Parce que euh, y a Hervé Gattegno, il fait un super papier sur elle, mais un beau papier hein, pas un papier, un papier où… c'est dans Vanity Fair. Et il me dit “demande à Dominique si je peux l'appeler pour juste qu'il me dise ce qu'il pense d'elle”. Il m'a dit attention y a zéro coup de Trafalgar. »

Raté. Villepin répond qu’il l’a « fait entrer en politique » mais qu’elle s’est « toujours comportée comme une garce » avec lui. Djouhri suggère alors « une prise de judo ? ». Mais non. « Tu vois, je n'ai pas envie de donner mon avis sur tous les cons de la planète », conclut Villepin. Christine Lagarde en tout cas fait la couverture de Vanity Fair, en décembre 2014, l’occasion pour elle de contester sa mise en examen.

Questionné par Mediapart sur sa relation avec Djouhri, et le « rôle actif » que la police prête à l’intermédiaire auprès de lui, Hervé Gattegno signale, dans un texte lu au téléphone, « qu’il a appris le respect scrupuleux du secret des sources, les [siennes] et celles des autres ». « Un journaliste digne de ce nom n’enquête pas sur les sources de ses confrères », poursuit-il, en déplorant « l’écoute téléphonique d’un journaliste » dans le cadre de cette affaire. En réalité, le journaliste n’a pas été ciblé, mais touché par ricochet, comme Thierry Herzog, lors de ses appels à Nicolas Sarkozy.

Sur le site du JDD, le 10 novembre 2016, Hervé Gattegno et Nicolas Sarkozy lors d'un débat. © DR

Et ce sont les services de police qui s’intéressent à la relation de l’intermédiaire et du journaliste. En septembre 2014, ils auditionnent Pierre Péan qui, dans son livre La République des mallettes (Fayard), avait indiqué « qu'Alexandre Djouhri se serait vanté de pouvoir intoxiquer la presse, notamment Hervé Gattegno ». Le journaliste a « publié dans le magazine Vanity Fair une interview de Bachir Saleh dans laquelle l'authenticité du document publié par Mediapart […] était mise en doute », rappelle l’enquêteur. « Que pouvez-vous nous dire concernant Hervé Gattegno ? », demande le fonctionnaire à Péan.

« En ce qui concerne cette affaire et sans pouvoir en ramener les preuves, j'ai appris de bonnes sources qu'il y avait une cellule qui avait été créée autour de Sarkozy pour contrer l'enquête sur le financement libyen qui était le seul dossier qui l'inquiétait dans l'hypothèse d'un retour, répond Pierre Péan. Dans cette cellule figurait Alexandre Djouhri qui connaissait Bachir Saleh pour avoir fait des affaires ensemble. Tous les deux m'ont été présentés comme étant très très proches. Dans ce cadre-là, l'objectif était que Bachir Saleh ne parle pas. Et c'est dans cette mission qu'a été lancée cette interview dans Vanity Fair via son ami Hervé Gattegno. »

Il est vrai que le 28 novembre 2013, Thierry Herzog, l’avocat de Nicolas Sarkozy, s’est fendu d’une longue lettre pour communiquer aux juges le numéro de Vanity Fair du mois de décembre, comportant les dénégations de Saleh. En juin 2015, Hervé Gattegno réalisera aussi dans Vanity Fair un dossier sur « le Libyen qui voulait sauver Sarkozy », Jomode Elie Getty, un ancien militant toubou que Nicolas Sarkozy avait cité à l’appui de sa plainte contre Mediapart. Ni Gattegno, ni l’avocat de Sarkozy ne se doutaient que sur des écoutes judiciaires, ce témoin se vantait aussi de pouvoir envoyer l’ancien président « en prison » lorsqu'il dirait « la vérité ».

Khiroun à Djouhri : « T’es… comme le sel, t’es de toutes les recettes, toi ! »

Selon le rapport de l’Office anti-corruption, « Alexandre Djouhri était également à l'origine de la rédaction de courriers à destination des magistrats en charge de la présente instruction, présentés comme émis par Bachir Saleh ».

Le 20 mars 2014, une conversation était interceptée entre Alexandre Djouhri et Hervé Seveno, le patron d’une société d’intelligence économique, dont il est très proche. L’intermédiaire demandait à ce dernier de préparer une esquisse de lettre au nom de Bachir Saleh dans laquelle le Libyen « dénoncerait » les accusations de financement de la campagne de Nicolas Sarkozy. « Cette lettre n’était pas de sa seule initiative, résume la commissaire Dufau. Lex-président de la République et son entourage semblaient très attentifs à cette démarche. En effet, le 21 mars, une conversation était interceptée entre Alexandre Djouhri et Michel Gaudin. Le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy évoquait une réunion au cours de laquelle le Président aurait parlé de la possibilité d'obtenir un document et interrogeait Alexandre Djouhri sur le calendrier. »

Selon le rapport de synthèse de la police, Alexandre Djouhri répondait : « Bah ! il faut qu'on le fixe nous… On le fixe nous. C'est-à-dire que, à mon avis, ça serait pas opportun pendant les municipales là… Non ? » « C'est-à-dire que compte tenu de l'accélération des choses, tout élément que nous avons entre nos mains, est intéressant, rectifiait Michel Gaudin. Après, on voit, mais vous pensez que ça pourrait se faire vite donc d'après ce que je comprends ? » Alexandre Djouhri concluait en disant : « Moi je m'en fous, posez-lui la question […] et moi, j’attaque tout de suite. »

Deux heures plus tard, Michel Gaudin confirmait l'intérêt de Nicolas Sarkozy pour cette démarche. Il rappelait Alexandre Djouhri pour lui indiquer que selon « le Président », « le plus tôt sera le mieux… ».

Manier l’étouffoir médiatique consistait aussi à appeler la presse pour opposer des démentis. Djouhri savait faire. Il appelait Ramzi Khiroun, l’ancien conseiller de Dominique Strauss-Kahn, porte-parole de Lagardère SCA, et directeur des relations extérieures du groupe Lagardère. Membre du comité exécutif du groupe, Khiroun est l’un des patrons de la branche médias du groupe, Lagardère Active (Paris-Match, Journal du dimanche, Elle, Europe 1…), présidée par Denis Olivennes.

­— Djouhri : Bon, il y a eu un papier t’as vu dans le Paris-Match, sur Guéant, il parle de moi, tu l’as pas vu, page 27 ?
— Khiroun : Non j’ai pas vu, non, cette semaine là ?
— Djouhri : Un mec qui s’appelle La Bru… Ouais, La Bruyère [Il s'agit de François Labrouillère – ndlr].

En réalité, Ramzi Khiroun n’a pas vu l’article, la garde à vue de Claude Guéant lui a échappé, et il se fait expliquer l’affaire. Au bout d’un quart d’heure d’explications, Djouhri explose : « C’est des “enculés” ! C’est vraiment de la merde en vrac, faut vraiment tirer la chasse là-dessus hein, c’est vraiment putain ! Moi, ils m’ont pas arrêté, attends, ils m’ont même pas envoyé une question. Qu’est-ce que ça… Même pas ils ont appelé mon avocat pour lui poser une question sur moi par contre ils m'ont mis partout ! »

Ramzi Khiroun, porte-parole du groupe Lagardère © Reuters

Khiroun : Ouais comme à chaque fois t’es… comme le sel, t’es de toutes les recettes, toi ! (rires).
— Djouhri
 : Ben oui, mais attends, tu imagines. T'as vu les mecs, non attends… Mon avocat, les journalistes, ils [disent] il est en garde à vue votre client ? Quelle garde à vue ? Il a même pas dit où j’étais, j’étais dans le golfe, Moscou, les pays du Golfe, là, je suis à Londres. Et qu’est-ce que c'est que ces conneries !
— Khiroun : Non mais ça ils peuvent pas […] je pense qu’on ne pourra jamais les changer, hein, ils ne changeront pas les mecs, hein.
— Djouhri : Mais attends faut, à un moment donné c’est comme l’ADN aujourd’hui : tu trouves un transfert, tu trouves un virement, tu trouves un accord même sur une nappe de papier, mais les mecs, vas-y, ils me pointent du doigt comme ça et alors ? Et alors je connais Bugshan ? Et alors je connais Claude Guéant ? Mais donc si je connaissais, euh, Ken… Kennedy, si j’avais l’âge, je suis aussi impliqué dans quoi ? Ils sont dingues les mecs.
— Khiroun : Putain.
— Djouhri : Remarque, ils osent pas écrire comme ça, hein…
— Khiroun : Non mais y a toujours… ça doit être un truc assez classique genre l'ombre de Djouhri plane sur ce dossier, c’est ça ?
— Djouhri : Exact, exact…
— Khiroun : Ah bah… et oui c'est le mot assez classique qui fait que tu peux pas les choper pour diffamation. […]
— Djouhri : Non mais non, non non mais non mais là le La Bruyère qui a fait l'article, il a été extrêmement prudent, tu vas le lire, mais il a été d’une prudence extrême, mais tu, ce que tu pourras lui expliquer à La Bruyère, s’il comprend quelque chose dans sa vie, que le seul article qu'il peut faire, le seul c'est en titre “que reproche-t-on à Claude Guéant ?” parce que quand tu fais une vente sous seing privé d’un avocat à un client [si] t’impliques ni les armes, ni la traite des blanches, ni la drogue, tu n’as même pas le droit de mettre ton nez dedans. C’est comp… ils sont complètement fous, c’est même pas des trucs de société, c’est même pas un problème d’argent en cash…

« J'ai compris », conclut Ramzi Khiroun.

Joint par Mediapart, Ramzi Khiroun a expliqué qu’en tant que « porte-parole » du groupe Lagardère, il était « normal » qu’il soit « le réceptacle de ces appels ». « Je le connais parce qu’il a beaucoup travaillé avec le groupe Lagardère du temps d’EADS, poursuit-il. Je ne suis pas un intime, je ne le fréquente pas et je ne fais pas partie de ses cercles d’amis. »

Ramzi Khiroun se souvient d’avoir finalement conseillé à Djouhri d’adresser un droit de réponse. Et il se rappelle aussi un précédent qui avait fait grand bruit en 2011, lorsque Le Monde avait révélé qu’un article prévu dans Paris Match sur le livre de Péan sur Djouhri avait été « purement et simplement annulé ». « En guise d'explication, il […] a été dit [aux journalistes – ndlr] que Ramzi Khiroun, […] était intervenu pour empêcher la publication de l'article », écrivait Le Monde. « Alexandre Djouhri m’avait appelé pour s’émouvoir de l’article, et je l’avais envoyé sur le directeur de Paris-Match, Olivier Royant, qui avait échangé avec lui », commente aujourd’hui Ramzi Khiroun, soulignant que son rôle s’était limité à ça. Mais l'article, lui, avait bel et bien été “trappé” par la direction de l'hebdomadaire.

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