Agriculture

L’État interrompt la privatisation de Grignon

Selon une information Mediapart, la privatisation du domaine de Grignon, campus de l’école d’agronomie AgroParisTech situé dans les Yvelines, va être interrompue. La décision devrait être annoncée ce lundi 15 novembre.

Amélie Poinssot

14 novembre 2021 à 22h31

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Suite et fin. La vente du domaine de Grignon au promoteur immobilier Altarea Cogedim, jusqu’ici vivement contestée, va être arrêtée. Après une décision prise il y a quelques jours, l’État va annoncer ce lundi 15 novembre l’interruption de la procédure de vente, selon des informations de Mediapart. Une nouvelle procédure devrait être lancée au second semestre 2022 après concertation avec les acteurs locaux.

Ce site historique abrite le campus de l’école publique de formation d’ingénieurs agronomes AgroParisTech mais aussi un château et ses dépendances, de nombreux bâtiments dédiés à l'enseignement et à la recherche, des laboratoires de l’Inrae, 121 hectares de terres agricoles et 133 hectares de forêt.

Ce processus de vente avait été lancé en mars 2020 par un appel d'offres piloté par la Direction de l’immobilier de l’État (DIE), qui dépend du ministère de l’économie et des finances. Jusqu'au bout, le ministère de l’agriculture, propriétaire du site, a défendu, par la voix de Julien Denormandie, les bienfaits de cette vente. Attribué dans le courant de l'été au promoteur Altarea Cogedim, le domaine de Grignon allait pourtant perdre son unité et sa vocation de haut lieu de l’agronomie française, en étant mis sur la voie d’une vente à la découpe.

A l'entrée du domaine de Grignon, lors de la manifestation d'opposition à la vente du site au promoteur Altarea Cogedim, le 11 septembre 2021 © Amélie Poinssot / Mediapart

Contrairement à l’effet attendu, la privatisation n’allait en outre pas rapporter beaucoup d’argent dans les caisses de l’État. Ainsi que nous le révélions dans l’une de nos enquêtes sur ce dossier, Altarea devait racheter le site pour 18 millions d’euros. Mais un dispositif fiscal pour les Monuments historiques allait permettre ensuite à sa filiale Histoire & Patrimoine de vendre des appartements aménagés dans une dépendance du château avec d’importantes déductions d’impôts à la clef. Ce manque à gagner pour l'État s’élevait, selon une autre enquête Mediapart, à 5,8 millions d'euros.

Les collectivités territoriales – région Île-de-France et département des Yvelines – devaient par ailleurs être mises à contribution dans l’opération, pour le rachat de certaines parties du site (relire notre enquête).

Une mobilisation, incluant la population étudiante de l’école, d'anciens diplômés, des élus de différents bords politiques (dont Nadine Gohard, la maire de Thiverval-Grignon, mais aussi Gérard Larcher, le président du Sénat), ainsi que des associations environnementales, manifestait depuis plusieurs mois son opposition au projet. Des recours juridiques avaient également été déposés, mettant en évidence plusieurs failles dans le processus de vente.

Amélie Poinssot


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