Connue par le Commissariat à l'énergie atomique depuis juin, la sous-estimation du plutonium contenu dans un atelier en cours de démantèlement à Cadarache n'a été signalée formellement que le 6 octobre. L'autorité de contrôle a saisi le procureur d'Aix-en-Provence. Reportage lors d'une opération de communication délicate.
Dans la cour du château de Cadarache (Bouches-du-Rhône), ce vendredi 15 octobre, nappes blanches et verres à champagne sont dressés pour fêter les cinquante ans de ce centre de recherche du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), créé par décret le 14 octobre 1959. Mais, suite à l'incident sur le site révélé le 15 octobre par l'Autorité de sûreté du nucléaire (ASN), Christine Lagarde, ministre de l'économie, et Christian Estrosi, ministre chargé de l'industrie, se sont décommandés la veille, prétextant des «obligations professionnelles» en région parisienne. Et la visite, prévue de longue date, des installations nichées sur une colline boisée tourne à l'exercice de communication et de justification. «On improvise», sourit Patrick Cappe de Baillon, chargé des relations presse du CEA.