Au Congrès, une Chambre bleue

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Lundi, devant le Congrès réuni à Versailles, François Hollande a annoncé une batterie de mesures sécuritaires. Le Parlement n'est pas encore une Chambre bleu horizon, comme en 1919, puisque la gauche est au pouvoir. Mais il est de toute évidence une Chambre bleue, convertie à la nécessité de la « guerre » et prête à approuver des mesures d'exception.

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Deux touristes, qui ne savaient pas, font des selfies devant le château de Versailles. Au moins, elles l’auront aperçu, mais elles ne verront pas la chambre du roi : pas question de rentrer, c’est jour de Congrès, le château de Louis XIV est bouclé. La place d’Armes est vide. Il y a des policiers tous les 20 mètres, à pied, à cheval, même dans les parkings souterrains.

À l’entrée réservée à la presse, c’est la fouille des grands jours, contrôles d’identité et rayons X. « Comme à l’aéroport de New York », lance une journaliste expérimentée qui en a vu d’autres, des Congrès, mais jamais aussi surveillés. La garde républicaine guette dans un coin. Un chien de gendarme, qui doit renifler les enregistreurs des journalistes radio, les caméras et les sacs à dos, se fait attendre. La même journaliste : « Vous voulez que j’appelle mon chat ? » Pour entrer dans l’hémicycle de la salle du Congrès où sénateurs, députés et ministres commencent à s’installer, les dames doivent même abandonner leur sac à main. Portables interdits, comme les photos. « Vous allez rentrer dans l’hémicycle les mains dans les poches », dit un huissier. Dans la salle de presse, il y a les journaux officiels qui datent de la guerre de 14.